Fabien Gargam, chercheur associé à l’Université Paris Saclay et professeur à Renmin University en Chine, mène depuis plusieurs années une observation très précise des dérives du dopage et plus globalement de l’intégrité sportive. Il a ainsi a conceptualisé le terme de FAKE PERFS, pour désigner les performances obtenues artificiellement par les sportifs. Sa réflexion l’a amené à réfléchir au « double jeu », tellement fréquent chez les dopés et leur entourage. Dans cet article, il détaille avec finesse comment « l’intégrité sportive se fait doubler par le double jeu ».

Texte rédigé par Fabien GARGAM

« La tricherie est un penchant naturel de l’homme ». Cette déclaration émanant de Martial Saugy – l’ancien directeur du laboratoire antidopage de Lausanne[1] – fixe le contexte général dans lequel s’insère ma présente contribution. Pour tricher, il existe différentes manières d’opérer, de la plus simple à la plus élaborée. Le double jeu représente une approche particulièrement trompeuse dans la mesure où il est compliqué de vraiment savoir qui est qui et qui fait quoi à un moment donné. Le double jeu se pratique à tous les niveaux de la société, y compris dans les milieux les moins fréquentables. Récemment arrêté[2], Sofiane Hambli – trafiquant de drogue et indicateur de police – illustre un cas notoire parmi tant d’autres.

Le milieu sportif n’est pas en reste puisque le double jeu sévit en son sein et met sérieusement à mal l’intégrité sportive. La lutte en faveur de l’intégrité sportive sous-entend plusieurs combats intimement liés entre eux tels que les fake perfs (dopage), les compétitions truquées, la corruption ou le harcèlement. Cet article se limite au double jeu dans les fake perfs, un domaine où le statu quo règne en maître[3] et qu’il convient de briser le plus tôt possible. Pour faire le tour d’un sujet inexploré à ce jour d’après les informations dont je dispose, ma réflexion s’articule en cinq parties et traite quatorze cas individuels ou organisationnels à l’échelle mondiale.

Grigory Rodchenkov incarne le double jeu dans le domaine des fake perfs.

1. L’entreprise du raccourci s’acharne à faire sauter le verrou du régulateur

La lutte institutionnelle contre les fake perfs – autrement dit le régulateur – est devenue au fil du temps une industrie[4] comme une autre avec ses points forts et ses faiblesses, car nul système n’est infaillible. En prenant du recul, la lutte contre les fake perfs ressemble à une chaîne et un seul maillon défaillant suffit à anéantir sa mission. Dans le meilleur des cas, le maillon défaillant est visible et on le sait. Dans le pire des cas, le maillon défaillant est invisible et on ne le sait pas. La lutte contre les fake perfs affronte un adversaire coriace que j’ai nommé l’entreprise du raccourci, un processus dévoyé produisant des FAKE PERFS. Ces performances obtenues plus rapidement qu’à la normale ou qui sont hors d’atteinte naturellement sont générées directement par les fake performeurs et indirectement par les producteurs de fake performeurs. Pour ce faire, les zones grises[5] matérialisent le terrain de prédilection de l’entreprise du raccourci mais aussi la hantise des partisans du sport intègre[6]. Manifestement, les parties prenantes de l’entreprise du raccourci mobilisent à merveille la théorie des contraintes si chère à Eliyahu Goldratt[7], sans même peut-être le savoir.

Cette théorie stipule que la performance d’une entité est bloquée par une ou plusieurs contraintes et que leur résolution améliore automatiquement la performance de ladite entité. En somme, l’entreprise du raccourci perçoit le régulateur comme une contrainte majeure donc elle rivalise d’ingéniosité pour faire sauter le verrou[8] vu que les fake perfs sont une véritable aubaine[9] pour elle.

2. Les fake performeurs et leur double jeu

Nombre de fake performeurs emploient le double jeu pour arriver à leurs fins. Officiellement, ils se positionnent du côté lumineux de l’intégrité sportive. Officieusement, ils se positionnent du côté sombre de l’intégrité sportive. En évoluant indistinctement des deux côtés, ils créent une confusion plus ou moins grande dans l’esprit des gens et se trouvent dans l’obligation d’entretenir les zones grises pour demeurer insaisissables. Leur stratagème ne peut être formellement détecté que lorsqu’ils sont sanctionnés, sinon ils restent innocents au bénéfice du doute, et ce, malgré les évidences accumulées au fil du temps. Deux cas – un homme et une femme – exemplifient ci-dessous leur portrait-robot.

2.1 Des athlètes impliqués dans l’entreprise du raccourci

Tout d’abord, l’États-Unien Lance Armstrong a poussé le double jeu à son paroxysme. Officiellement, il avait le portrait du gendre idéal. En outre, sa rémission complète du cancer et son combat pour éradiquer cette maladie via sa fondation Livestrong le rendaient intouchable. Pour parfaire son image de cycliste irréprochable, Lance Armstrong avait fait un don de 125 000 dollars à l’Union cycliste internationale pour financer du matériel antidopage. Officieusement, Lance Armstrong se comportait comme un toxicomane pour vaincre à tout prix et avait tout orchestré pour ne pas se faire démasquer. En fin de compte, comme le synthétise Jean-Pierre Verdy – le fondateur du département des contrôles de l’Agence française de lutte contre le dopage – « Lance Armstrong, c’est la plus belle arnaque »[10].

Ensuite, la Française Ophélie Claude-Boxberger défraie la chronique depuis plus de deux ans. Officiellement, elle est une femme bien sous tous rapports et surtout la fille du champion Jacky Boxberger. Pour peaufiner son image de sportive modèle, elle avait demandé aux athlètes Liz Westphal et Marie Bouchard de poser avec elle, munies d’une pancarte ‘We run clean’, pour signifier leur désapprobation face au comportement de Clémence Calvin qui avait fui un contrôle antidopage inopiné au Maroc. Comme si cela ne suffisait pas, elle enfonça le clou en arborant sur son profil Facebook le diplôme ‘I run clean’ délivré par l’Association européenne d’athlétisme[11]. Officieusement, Ophélie Claude-Boxberger avait recours à l’érythropoïétine (EPO) exogène. Elle vient donc d’écoper d’une suspension de deux ans après moult rebondissements[12] et l’affaire n’est pas encore classée[13]. Au final, comme le déclare Liz Westphal, Ophélie Claude-Boxberger fait montre d’une « double morale »[14].

3. Les producteurs de fake performeurs et leur double jeu

L’entreprise du raccourci étant rarement unipersonnelle, elle implique de facto des individus et des organisations qui rendent possible les fake perfs en soutenant les fake performeurs dans leurs méfaits. Beaucoup de producteurs de fake performeurs emploient également le double jeu pour arriver à leurs fins. Officiellement, ils occupent une fonction noble au-dessus de tout soupçon. Officieusement, ils se servent de leur fonction pour concourir à la production des fake perfs. Ils mettent ainsi leur expertise, leur pouvoir, leur réseau et tout le reste au service de la tricherie organisée. Contrairement aux fake performeurs, ils ont moins besoin de se cacher car l’attention des médias et du grand public reste focalisée sur le dernier maillon de la chaîne et non pas sur les maillons situés en amont. À l’instar des fake performeurs, leur stratagème ne peut être formellement détecté que lorsqu’ils sont sanctionnés, sinon ils restent innocents au bénéfice du doute, et ce, malgré les évidences accumulées au fil du temps. Douze cas – six individus et six organisations – illustrent ci-dessous leur portrait-robot.

3.1 Des entraîneurs impliqués dans l’entreprise du raccourci

Tout d’abord, le Kényan Major Michael Rotich fit prendre conscience à la communauté internationale que la photo idyllique de la terre des coureurs de fond comportait des points désenchanteurs. Officiellement, Major Michael Rotich était l’entraîneur principal de l’équipe d’athlétisme du Kenya lors des Jeux olympiques de Rio en 2016. Officieusement, il alertait des athlètes et des entraîneurs du moment où les contrôles antidopage auraient lieu pour s’enrichir sur le plan pécuniaire[15]. Finalement confondu, il fut suspendu 10 ans de toute activité liée à l’athlétisme et dut s’acquitter d’une amende de 5 000 dollars[16].

Ensuite, l’États-unien Alberto Salazar écorcha la réputation de la marque à la virgule en passant de la gloire à la déchéance. Officiellement, Alberto Salazar était l’entraîneur principal du Nike Oregon Project à Portland dans l’Oregon et y encadrait des athlètes de renom. Officieusement, il menait des expériences à base de testostérone, il soutenait le docteur Jeffrey Brown dans l’administration d’une méthode interdite et il falsifiait le processus de contrôle antidopage concernant la L-carnitine[17]. Actuellement, il purge une sanction de quatre ans pour plusieurs violations des règles antidopage sans compter une sanction à vie pour des comportements inappropriés sur ses protégées[18].

3.2 Des médecins impliqués dans l’entreprise du raccourci

Tout d’abord, le Moldave Dorin Balmus redoubla de zèle pour actionner le double jeu. Officiellement, il travaillait en tant que médecin à la Fédération moldave d’haltérophilie. Officieusement, il employait des sosies, c’est-à-dire des doppelgänger en allemand, pour représenter certains de ses athlètes lors des contrôles antidopage. Son subterfuge consistait à substituer l’urine chargée en substance(s) interdite(s) de ses athlètes par l’urine vierge d’autres individus afin d’éviter tout contrôle positif. En 2021, ce médecin fut interdit de toute activité sportive régie par le Code mondial antidopage pour le restant de son existence[19].

Ensuite, l’Allemand Lothar Kipke fut déshonoré longtemps après avoir été démasqué. Officiellement, il était le médecin principal de l’équipe nationale de natation de l’ex-RDA dans les années 1970 et 1980. Officieusement, il boostait artificiellement les performances sportives avec des stéroïdes anabolisants et cela entraîna de terribles effets secondaires sur les nageuses[20]. Avant que ses agissements ne soient découverts, Lothar Kipke intégra la commission médicale de la Fédération internationale de natation (FINA). En 2000, il fut condamné à 15 mois de prison avec sursis et à une amende de 4 000 dollars[21]. Ce n’est qu’en 2021 qu’il fut destitué d’une distinction honorifique remise en 1985 par la FINA, sous l’impulsion de son nouveau président[22].

3.3 Des conseillers impliqués dans l’entreprise du raccourci

Tout d’abord, le Français Bernard Sainz pratique le double jeu depuis au minimum trois décennies, essentiellement dans le cyclisme et l’hippisme. C’est la raison pour laquelle le journaliste Éric Serres fait le rapprochement entre son comportement et celui du Docteur Jekyll et Mister Hyde[23]. Le journaliste Victor Weulersse, quant à lui, le décrit comme « clivant…à la fois contesté et adulé »[24]. Officiellement, il améliorait l’état de santé des gens qui le consultaient grâce à son expertise en naturopathie. Officieusement, il conseillait les sportifs et leur entourage en pratiquant illégalement la médecine et la pharmacie pour booster artificiellement leurs performances. Bilan des courses : le récidiviste Bernard Sainz fut condamné le 17 janvier 2022 à un an de prison sous surveillance électronique et à une amende globale de 41 500 euros, sachant qu’il a fait appel de la décision de justice[25].

Ensuite, l’États-unien John Gleaves a mis son expertise universitaire au service de la tricherie. Officiellement, il est professeur assistant et ses recherches portent sur « l’éthique du dopage et l’amélioration des performances dans le sport »[26]. En 2015, les avocats de Lance Armstrong avait d’ailleurs mobilisé John Gleaves comme témoin expert dans le cadre du procès du cycliste déchu contre l’US Postal – le sponsor de son ancienne équipe – et Floyd Landis – son ancien coéquipier[27]. Officieusement, il trichait durant sa propre pratique sportive. En effet, le 31 août 2019 lors des championnats nationaux de cyclisme sur piste, l’analyse de son urine décela plusieurs substances interdites. Pour ce motif, l’USADA – l’Agence antidopage états-unienne – suspenda John Gleaves quatre ans jusqu’à fin août 2023[28].

3.4 Des fabricants et distributeurs de médicaments impliqués dans l’entreprise du raccourci

Tout d’abord, la police nationale espagnole[29] a révélé des entreprises légales sous leur vrai jour après plus de deux ans d’enquête. Officiellement, les lieux concernés étaient des magasins de nutrition et des salles de sport. Officieusement, derrière ces boutiques se cachait un laboratoire clandestin qui fabriquait et distribuait des médicaments et des préparations médicales sans compter le trafic de drogue. Les malfaiteurs agissaient comme de véritables professionnels du domaine puisqu’ils disposaient d’une capacité de production industrielle (une tonne annuelle), d’un portefeuille de 30 produits différents (stéroïdes anabolisants, peptides, hormones, etc.), de deux marques exclusives, de circuits de distribution et d’une clientèle importante composée de sportifs et d’autres utilisateurs sans oublier la pièce maîtresse du dispositif : un soi-disant médecin pour procéder aux injections. En avril 2021, le démantèlement de ce laboratoire a permis à la police d’identifier et d’arrêter 21 individus[30].

Ensuite, un procès fédéral tentaculaire pour dopage de chevaux de course se tient actuellement aux États-Unis. Étant donné que toutes les parties inculpées n’ont pas encore été jugées, seul le cas d’un jugement rendu apparaît ici. Officiellement, Scott Mangini était un pharmacien qui aimait les chevaux[31]. Officieusement, il utilisait son expertise en pharmacie pour concevoir et distribuer des substances interdites destinées aux chevaux de course pour remporter des compétitions coûte que coûte. Ces substances étaient fabriquées dans des endroits non réglementaires et dissimulés derrière des entreprises fictives. Malgré la suspension de sa licence de pharmacien en 2016, Scott Mangini persista dans ses activités illégales. Le 10 septembre 2021, la justice l’a condamné à une peine de prison de 18 mois plus trois ans de liberté surveillée et à la coquette somme de 8 108 141,65 dollars[32].

3.5 Des fédérations sportives impliquées dans l’entreprise du raccourci

Tout d’abord, la réputation de la Fédération internationale d’athlétisme fut ternie sous la présidence de Lamine Diack de 1999 à 2005. Officiellement, il dirigeait l’athlétisme mondial en bon père de famille. Officieusement, il était directement et indirectement mêlé avec des membres de sa garde rapprochée[33] à plusieurs scandales, dont celui des athlètes russes dopés. Effectivement, la Fédération internationale d’athlétisme à cette époque monnaya la dissimulation de cas de dopage et et le retardement de sanctions d’athlètes dopés[34]. Le 16 septembre 2020, le tribunal correctionnel de Paris condamna Lamine Diack à une peine de prison de quatre ans, dont deux ferme, et à une amende de 500 000 euros. Il fit appel de la décision de justice mais le procès n’aura jamais lieu car « la double vie de Lamine Diack » selon le journaliste Marc Ventouillac cessa définitivement le 03 décembre 2021[35].

Ensuite, la réputation de la Fédération internationale d’haltérophilie fut anéantie sous le règne sans partage de Tamás Aján de 2000 à 2020. Officiellement, il était une personnalité respectée dans le milieu sportif. À la fois membre de l’Agence mondiale antidopage jusqu’en 2018 et du Comité international olympique jusqu’en 2020[36], il connaissait parfaitement les rouages des institutions sportives. Officieusement, il pratiquait une gouvernance déviante pour lui-même[37]. Dans ce registre, on compte parmi ses nombreux faits d’armes la dissimulation de 40 contrôles antidopage positifs[38]. En avril 2020, il a été contraint de démissionner de ses fonctions en laissant derrière lui une fédération délabrée et de nombreuses questions sans réponses.

3.6 Des organisations nationales antidopage impliquées dans l’entreprise du raccourci

Tout d’abord, la RUSADA – l’Agence antidopage russe – est mise sur le feu des projecteurs mondiaux à son grand désarroi depuis 2014[39]. Officiellement, une organisation nationale antidopage (ONAD) centralise tous les pouvoirs au niveau d’un pays pour implémenter et faire respecter l’ensemble des règles mondiales antidopage[40] et la RUSADA devait se comporter comme telle. Officieusement, l’institution était instrumentalisée pour que des centaines d’athlètes russes dopés apparaissent clean lors de la communication des résultats des tests[41]. De nombreux individus y participèrent, dont Grigory Rodchenkov[42] – un fake performeur puis un producteur de fake performeurs de haut vol en Russie. Après nous avoir replongés dans les heures sombres du sport, l’Agence antidopage russe fut sanctionnée[43] et nous verrons bien si la nomination de Veronika Loginova[44] – la nouvelle directrice générale de la RUSADA – le 04 décembre 2021 marquera une rupture avec son passé.

Ensuite, la NADC – l’Agence antidopage ukrainienne – a fait la une des médias internationaux durant une poignée de jours fin octobre 2021. Officiellement, une organisation nationale antidopage (ONAD) centralise tous les pouvoirs au niveau d’un pays pour implémenter et faire respecter l’ensemble des règles mondiales antidopage et la NADC devait se comporter comme telle. Officieusement, l’institution prévenait à l’avance les athlètes ukrainiens de la tenue des contrôles antidopage et catégorisait certains échantillons prélevés en compétition en hors compétition depuis 2012[45]. Suite à la révélation des dysfonctionnements avérés, Ivan Kurlishchuk et Yaroslav Kruchek – le directeur de la NADC et son adjoint – démissionnèrent de leurs fonctions[46]. L’avenir nous dira si l’Agence antidopage ukrainienne, quant à elle, sera sanctionnée ou non[47].

4. Systématiser le contrôle actif et réactif des parties prenantes de l’entreprise du raccourci

Historiquement, les athlètes ont été contrôlés donc mis sur la sellette et ceux qui tirent les ficelles en coulisses ont été rarement contrôlés donc rarement inquiétés. Cela revient sur le plan botanique à traiter les mauvaises herbes (adventices) en surface – les fake performeurs – sans traiter leurs racines en profondeur – les producteurs de fake performeurs. Cette manière de penser et d’opérer est inefficace, inefficiente et vouée à l’échec. Il est donc impératif de systématiser le contrôle actif et réactif de tous les maillons qui concourent, de près ou de loin, à la production des fake perfs.

Concernant l’entreprise du raccourci, l’habit ne fait pas le moine pour les individus impliqués et la façade ne fait pas le monastère pour les organisations impliquées. Par conséquent, donner le bon Dieu sans confession aux uns et aux autres s’avère être une grossière erreur. Comme les quatorze cas exposés le montrent, de petits vers – les fake performeurs – et de gros vers – les producteurs de fake performeurs – sont dans la pomme. Pour lutter contre les fake perfs, il faut décontaminer la pomme des vers qui y résident et empêcher d’autres vers d’y pénétrer. Dans cette perspective, il est nécessaire de clarifier qui est qui et qui fait quoi sur toute la chaîne. Plusieurs individus et plusieurs organisations se trouvent actuellement sur le fil du rasoir. Il y va de la responsabilité des institutions compétentes de séparer le bon vin de l’ivraie de manière systématique et constante dans la durée.

5. Le double jeu : une succession de mensonges ou un trouble mental ?

Dans le domaine des fake perfs, le pouvoir délétère des praticiens du double jeu sur l’intégrité sportive est manifeste. Ils parviennent à berner quasiment tout le monde pendant des années voire des décennies pour certains d’entre eux. Comment peuvent-ils raisonnablement tromper les gens et les institutions aussi longtemps ? S’agit-il d’une succession de mensonges commis sans faute de leur part ou sont-ils atteints d’un trouble mental ? Le visionnage des propos d’un fake performeur en la personne de Lance Armstrong[48] et d’un producteur de fake performeurs en la personne de Bernard Sainz[49], parmi tant d’autres, légitime pleinement la question posée et m’amène à introduire la proposition qui suit. Les individus ayant effectivement pratiqué le double jeu dans le cadre de l’entreprise du raccourci devraient faire l’objet d’une expertise psychologique et psychiatrique. Les experts compétents détermineraient alors s’ils sont atteints ou non d’un trouble mental tel que la psychopathie, la mythomanie ou le trouble dissociatif de l’identité[50].

Dans tous les cas de figure, les praticiens du double jeu sont terriblement dangereux et les mettre hors d’état de nuire à l’intégrité sportive n’est pas une option mais une obligation.

Texte : Fabien GARGAM


[1] https://www.tdg.ch/la-tricherie-est-un-penchant-naturel-de-lhomme-966230686685

[2] https://www.leparisien.fr/video/video-sofiane-hambli-agresse-au-maroc-la-chute-dun-baron-de-la-drogue-devenu-indic-26-10-2021-T3LVNSWJVRHABMADQUISMZTDHU.php

[3] https://www.spe15.fr/pas-de-progres-de-lanti-dopage-mondial/

[4] https://www.360dx.com/business-news/innovero-tasso-collaborate-distribution-blood-collection-devices-anti-doping-tests#.YW8X8xpBxPY

[5] https://www.sudouest.fr/sport/cyclisme/le-cyclisme-en-zone-grise-lassitude-dans-le-peloton-6915140.php

[6] https://www.sports.fr/cyclisme/suspicions-de-dopage-peloton-541153.html#item=1

[7] https://www.amazon.fr/Goal-Process-Ongoing-Improvement/dp/0884271951/ref=tmm_pap_swatch_0?_encoding=UTF8&qid=&sr=

[8] https://theconversation.com/quelle-est-la-formule-gagnante-pour-produire-des-fake-performances-en-sport-145801

[9] https://theconversation.com/les-fake-performances-en-sport-un-fleau-ou-une-aubaine-168433

[10] https://www.sports.fr/cyclisme/dopage-mecanique-armstrong-nouvelles-accusations-539237.html#item=1

[11] https://www.irunclean.org/Home/About

[12] https://www.estrepublicain.fr/faits-divers-justice/2021/09/23/affaire-claude-boxberger-suivez-le-proces-d-alain-flaccus-pour-empoisonnement-au-tribunal-de-montbeliard

[13] https://www.spe15.fr/lafld-fait-appel-de-la-suspension-dophelie-claude-boxberger/

[14] https://www.lepape-info.com/actualite/liv-westphal-un-nouveau-cap-et-une-nouvelle-distance-par-rapport-aux-affaires/

[15] https://www.bbc.com/sport/athletics/48363190

[16] https://www.lequipe.fr/Athletisme/Actualites/Major-michael-rotich-ex-manager-du-kenya-suspendu-dix-ans-pour-corruption/1021439

[17] https://www.tas-cas.org/fileadmin/user_upload/6530_-_6531_Arbitral_Award_final__for_publication_.pdf

[18] https://www.insidethegames.biz/articles/1117179/salazar-safesport-ban

[19] https://ita.sport/news/the-ita-issues-a-decision-sanctioning-dorin-balmus-to-a-lifetime-period-of-ineligibility-for-tampering-and-complicity/

[20] https://www.swimmingworldmagazine.com/news/east-german-doping-czar-found-guilty-compared-to-mengele/

[21] https://www.insidethegames.biz/articles/1115556/kipke-fina-east-germany-doping-swimming

[22] https://www.fina.org/news/2355302/fina-bureau-votes-to-remove-disgraced-doctor-lothar-kipke-from-fina-honours-list

[23] https://www.humanite.fr/dopage-bernard-sainz-un-docteur-mabuse-qui-nabusera-plus-la-justice-729399

[24] https://www.ouest-france.fr/sport/cyclisme/dopage-proces-du-docteur-mabuse-cinq-choses-a-savoir-sur-le-naturopathe-bernard-sainz-0b3eab98-777b-11ec-859b-fff73b380c06

[25] https://www.paris-normandie.fr/id269785/article/2022-01-17/un-de-detention-domicile-pour-bernard-sainz-le-docteur-mabuse-du-cyclisme#:~:text=Deux%20ans%20de%20prison%20et,%C3%A0%20domicile%20sous%20surveillance%20%C3%A9lectronique.

[26] https://www.johngleaves.com/sample-page/

[27] https://www.lesoir.be/290265/article/2020-03-26/un-expert-du-dopage-cite-par-la-defense-de-lance-armstrong-son-proces-controle

[28] https://www.usada.org/sanction/john-gleaves-accepts-doping-sanction/

[29] https://www.policia.es/_es/comunicacion_prensa_detalle.php?ID=8742#

[30] https://www.spe15.fr/lespagne-plus-gros-producteur-de-produits-dopants-de-toute-leurope/

[31] https://www.thoroughbreddailynews.com/mangini-gets-18-months-in-prison/

[32] https://www.justice.gov/usao-sdny/pr/owner-illegal-racehorse-doping-websites-sentenced-18-months-prison

[33] https://www.liberation.fr/france/2020/09/16/proces-lamine-diack-deux-ans-de-prison-ferme-pour-l-ex-patron-de-l-athletisme-mondial_1799643/

[34] https://www.liberation.fr/sports/senegal-lamine-diack-ancien-patron-conteste-de-lathletisme-mondial-est-mort-20211203_2EHJQUF34BFAJB2AGCGG4XMJIU/

[35] https://www.lequipe.fr/Athletisme/Article/La-double-vie-de-lamine-diack-l-ancien-president-de-la-federation-internationale-mort-ce-vendredi/1302851

[36] https://www.sportsintegrityinitiative.com/history-and-corruption-repeats-itself-in-weightlifting/

[37] https://www.bbc.com/sport/weightlifting/52922604

[38] https://www.rtbf.be/sport/autres/detail_dopage-la-federation-internationale-d-halterophilie-a-dissimule-40-controles-positifs?id=10515692

[39] https://www.youtube.com/watch?v=iu9B-ty9JCY

[40] https://www.wada-ama.org/fr/partenaires-antidopage/organisations-nationales-antidopage-onad

[41] https://www.youtube.com/watch?v=9TFYuTX8lPs

[42] https://www.lequipe.fr/Tous-sports/Actualites/Grigory-rodchenkov/1156368

[43] https://www.lapresse.ca/sports/jeux-olympiques/2021-01-25/dopage/la-rusada-accepte-la-decision-du-tas.php

[44] https://www.francsjeux.com/breves/rusada-se-dote-dune-directrice-generale

[45] https://www.wada-ama.org/fr/nouvelles/lama-publie-son-rapport-denquete-sur-des-allegations-concernant-lorganisation-nationale

[46] https://www.reuters.com/lifestyle/sports/heads-ukraine-anti-doping-body-resign-after-wada-charges-2021-10-27/

[47] https://www.ouest-france.fr/sport/dopage/dopage-l-ukraine-a-mis-en-place-de-faux-controles-aleatoires-d-apres-l-agence-mondiale-antidopage-02b2ce28-36ee-11ec-98e6-dd699e429045

[48] https://www.youtube.com/watch?v=klz86uQMrVg

[49] https://www.youtube.com/watch?v=AZ22YwnUwKw

[50] https://www.psychiatry.org/psychiatrists/practice/dsm