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Les suspensions de quatre Français s’achèvent en 2026

La liste des athlètes français suspendus pour violation des règles antidopage va nettement se réduire en 2026 avec la fin des suspensions de Mehdi Frère, Amaury Golitin, Mouhamadou Fall, Wilfried Happio. À date, les come back de Mehdi Frère et Amaury Golitin apparaissent certains alors que Mouhamadou Fall a choisi un retour sulfureux dans les Enhanced Games.

Le calendrier de l’antidopage s’allège de façon étonnante à l’aube de l’année 2026. Ce sont quatre athlètes français qui vont retrouver la possibilité d’un come back sportif cette année après plusieurs années de suspension. Tous les quatre avaient été mis en cause pour des manquements aux règles de localisation.

La sanction de Mehdi Frère et Amaury Golitin s’achève en juin 2026, après une suspension de deux ans pour le marathonien et de quatre ans pour le sprinter. Pour Mouhamadou Fall, le quitus est en juillet après 18 mois d’interdiction et pour Wilfried Happio, en octobre également après 18 mois de suspension.

Mehdi Frère, sortie de prison !

« Sortie de prison le 6 juin 2026, j’espère que vous serez là ! » Ce post Instagram publié par Mehdi Frère le 16 novembre résume bien l’état d’esprit du marathonien stoppé par sa sanction à quelques jours seulement des Jeux Olympiques. La frustration avait été énorme d’autant plus que Mehdi Frère a toujours soutenu l’idée que les irrégularités des localisations n’étaient que de simples erreurs administratives de sa part et nullement des volontés de tricherie. Mais l’Athletics Integrity Unit, puis le Tribunal Arbitral du Sport ont refusé ces arguments et maintenu une violation des règles anti-dopage.

En juin, il sera prêt pour son retour en compétition, après avoir maintenu l’entraînement durant sa suspension, y compris avec un long stage au Kenya en avril 2025. Un come back effectué sous la surveillance de l’Agence Française de Lutte Antidopage : Le 20 novembre, Mehdi Frère m’a adressé un SMS pour m’informer qu’il était réintégré par l’AFLD dans le groupe cible, contraint à une localisation quotidienne. Ceci en accord avec les règles qui autorisent l’agence à inclure les sportifs de retour après une suspension. À noter qu’en cette fin d’année 2025, la liste disponible sur le site de l’AFLD date de juillet 2025, et inclue 36 athlètes, avec en parallèle 9 athlètes présents dans le groupe cible de l’Athletics Integrity Unit (*)

Mouhamadou Fall, le retour sous produits

Fin octobre, Mouhamadou Fall a créé la stupeur en annonçant sa participation aux Enhanced Games ou plus crûment, Jeux des Dopés. Le sprinter suivait ainsi la voie de Xx et ce recrutement a été une sacrée opération de communication pour les organisateurs des Enhanced Games. Les médias ont largement relayé en France ce come back, avec la parole donnée à Fall expliquant qu’il rêvait de toucher ses limites grâce à l’apport de produits interdits.

Très rarement, il a été rappelé ses deux suspensions pour violation des règles antidopage : 9 mois pour contrôle positif à l’heptaminol en juillet 23 et 18 mois pour irrégularités des localisations constatées en 2022. Des sanctions qu’il avait accueillies par un message peu respectueux des instances antidopage avec ce post sur Instagram : « « Ah les poooorcs. July 2026 Bon bah… Full retour au business.»

C’est maintenant sous les directives de l’équipe médicale des Enhanced Games qu’il prépare son retour pour le rendez-vous de mai 2026. Avec un protocole qui pourra inclure EPO, hormone de croissance, testostérone, stéroïdes anabolisants, meldonium, stimulants Modafinil et Adderall comme l’a détaillé la demande d’essai clinique déposée par les Enhanced Games.

Malgré tout, le cadre légal de l’antidopage lui demeure applicable et L’AFLD a annoncé qu’elle mettrait en œuvre des contrôles anti-dopage à son encontre durant sa préparation, et envisage également de l’intégrer à nouveau dans son groupe cible, l’obligeant ainsi à se localiser chaque jour. Et en cas de contrôle positif, une nouvelle sanction serait applicable.

Amaury Golitin, avide de revanche

L’esprit de revanche n’a pas quitté Amaury Golitin depuis qu’une suspension de quatre ans lui a été infligée au printemps 2023 pour des manquements sur sa localisation et également pour des falsifications de documents pour justifier ces manquements, en l’occurrence l’absence lors d’un contrôle en juin 21. Or le code mondial anti-dopage intègre la falsification comme violation des règles antidopage au même titre qu’un contrôle positif, avec, à la clef, une suspension de 4 ans.

En réalité, la suspension encourue était de 5 ans, compte tenu de la double infraction, mais un accord a été trouvé entre l’AFLD et le sprinter qui a accepté rapidement la proposition de l’agence anti-dopage pour réduire à 4 ans.

Malgré tout, Amaury Golitin demeure convaincu d’avoir été injustement sanctionné et selon nos informations, il se prépare et veut revenir sur les pistes dès la fin de sa suspension, en juin, avec un objectif fort : décrocher sa qualification pour le Championnat d’Europe de Birmingham programmé au mois d’août.

  • Analyse : Odile Baudrier
  • Photo : D.R.

(*) Alice Finot (également dans le groupe cible AFLD) – Azeddine Habz (également dans le groupe cible AFLD) – Corentin le Clezio – Cyréna Samba-Mayela – Etienne Daguinos – Gabriel Tual – Hilary Kpatcha – Jimmy Gressier – Just Kwaou – Mathey – Yann Chaussinand