Amaury Golitin a reçu une suspension provisoire de l’Afld pour manquement aux règles anti dopage et falsifications de documents pour justifier ses no shows. Ce sont en effet trois manquements en 12 mois qui sont imputés au sprinter installé aux États Unis. Selon nos informations, Amaury Golitin a tenté de justifier son troisième no show par de fausses attestations en relation avec une autre athlète très proche. Mais le département des enquêtes de l’Afld a pu démontrer ces errements et a informé Amaury Golitin de sa suspension provisoire à quelques jours du Championnat de France de Caen.

Amaury Golitin avait frôlé de peu la suspension provisoire juste avant les Jeux Olympiques de Tokyo, avec trois no show constatés entre janvier et juin 2021. Mais le sprinter avait justifié son troisième no show, et l’AFLD avait alors accepté ses explications, s’appuyant sur le témoignage de sa petite amie.

Toutefois, cet accord n’était en réalité que de façade, le département des enquêtes de l’AFLD attaquant des recherches plus approfondies, tant il est acquis que les no shows ou manquements constituent maintenant une méthode puissante pour démontrer les violations de règles anti-dopage.

Les éléments matériels et les témoignages recueillis, qui concernent l’ensemble de l’entourage de l’athlète, de sa compagne, à son manager, ont permis de conclure à une falsification de documents. C’est le troisième no show du mois de juin 2021 qui aurait provoqué cette conclusion de l’AFLD. Ce jour-là, les contrôleurs AFLD se présentent à l’INSEP pour un prélèvement, mais Amaury Golitin n’est pas présent sur le créneau prévu de 8h à 9h. Son colocataire l’alerte, et il aurait alors effectué un trajet en Uber pour se présenter, mais en retard au contrôle.

Toutefois, les informations autour de cette situation divergent. Il est question de pressions que le sprinter aurait effectué sur ses deux petites amies pour qu’elles apportent des éléments en sa faveur, et l’une d’elles aurait alors produit un faux certificat d’hospitalisation pour justifier qu’Amaury Golitin était à ses côtés.

Mais selon plusieurs sources, la falsification de documents évoquée par l’AFLD lors de la suspension provisoire comporte tout simplement un faux justificatif Uber, qu’Amaury Golitin aurait modifié pour le faire « coller » avec ses déclarations, et une fausse déclaration d’un proche.

En résumé, une situation confuse qu’Amaury Golitin a visiblement prise à la légère, en estimant que la production de documents « magouillés » allait lui être favorable. Mais l’AFLD a poursuivi ses investigations, et les pouvoirs renforcés qui lui ont été donnés depuis le printemps 2021 lui donnent accès à une palette très large de documents, type relevés bancaires, billets d’avion, tickets de transport… qui permettent d’avoir une vision précise de la vie d’une personne.

D’où l’accusation de manquements aux règles de localisations, qui exigent maintenant une très grande rigueur pour éviter toute contestation. Et là, Amaury Golitin a démontré un grand dilettantisme en effectuant tardivement ses changements de localisation. C’est ainsi que pour son deuxième manquement d’avril 2021, il était déclaré présent à l’INSEP, mais en réalité, il disputait la Coupe d’Europe par équipe à Chorzow en Pologne. L’AFLD a ainsi constaté a posteriori qu’il n’avait pas respecté la règle de localisation.

S’agit-il d’une simple négligence comme certains proches du sprinter d’Orléans le soutiennent ?? Force est de constater que cette attitude s’avère tout de même plutôt habituelle, puisqu’Amaury Golitin a aussi « oublié » d’aller chercher les différentes lettres recommandées envoyées par l’AFLD, conduisant évidemment l’instance à une suspicion plus forte à son encontre.

D’où également un ralentissement de l’enquête menée par le département dirigé par Damien Ressiot, fort maintenant de 4 personnes. Tout récemment, l’AFLD aurait souhaité s’entretenir par visio avec Amaury Golitin, depuis sa résidence de Floride, pour l’informer de ses conclusions, mais le sprinter avait refusé, en rétorquant qu’il serait bientôt de retour en France, et qu’il préférait attendre une rencontre physique.

Il ne s’attendait certainement pas à ce qu’elle ait lieu dans les coursives du Stade Charlety… Car c’est à l’issue de son 200 mètres du meeting de Paris, que la notification de sa suspension provisoire a été délivrée à Amaury Golitin. Il se voyait ainsi interdit du France de Caen. Toutefois le sprinter a préféré servir une autre version sur les réseaux sociaux, en soutenant sur Instagram, qu’il serait absent à Caen, en raison d’une blessure contactée durant le meeting de Paris, où il avait couru en 20’’25.

Une attitude plutôt irresponsable de cet « enfant terrible » de l’athlétisme français. Car Amaury Golitin compte maintenant quelques histoires témoignant d’un tempérament explosif, qui avait amené à son exclusion de l’INSEP par son directeur en septembre 2021. Il est question de violences sur sa compagne, d’une bagarre avec Sasha Zohya, à imputer à imputer à des querelles amoureuses. Il s’y ajoute ses démêlés avec Dimitri Demonière, le responsable du relais 4*100 m, pour les JO de Tokyo, qu’il avait mis en cause, ainsi que Mouhamadou Fall, dans une lettre ouverte publiée dans l’Equipe.

La FFA avait alors convoqué les deux relayeurs devant sa commission de discipline, en décembre dernier, et avait imputé à Amaury Golitin une suspension de 6 mois avec sursis, à la fois pour ses deux bagarres de l’INSEP, et pour ses dérives durant les Jeux Olympique. Cela avait juste interdit à Amaury Golitin de disputer une saison hivernale aux Etats Unis, et il avait effectué sa reprise début avril à Lubbock.

Sa première compétition en Europe, à Genève, mi-juin, l’avait vu pointer en 10’’08, quasiment au niveau de son record personnel de 2018 (10’’07), et en 20’’25, nouveau RP sur 200 mètres. Mais ensuite, à Marseille, comme à Paris, Amaury Golitin était apparu très en retrait, avec des chronos plus que modestes de 10’’50 et 20’’52.

C’est donc sur cette touche plus que terne que le sprinter de 25 ans verra très probablement sa carrière s’achever.

  • Texte : Odile Baudrier
  • Photo : D.R.
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