Nouveau coup dur pour l’IAAF avec la décision favorable à la Russe Tatyana Andrianova, prise par le Tribunal Arbitral du Sport. La Championne du Monde 2005 conservera donc sa médaille de bronze, même s’il est acquis qu’elle était alors dopée…

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La loi est la loi, et tant pis si un coupable demeure impuni. C’est la conclusion de l’épisode Tatyana Andrianova. L’histoire retiendra que la Russe était bel et bien dopée lorsqu’elle a conquis le bronze sur 800 m au Mondial 2005. Mais que pour d’étranges raisons juridiques, elle ne sera pas sanctionnée et conservera sa médaille.

Cette fois, l’IAAF n’est coupable de rien, et au contraire ! L’instance internationale avait justement annoncé en fanfare cet été que 28 athlètes allaient être sanctionnés après que leurs échantillons prélevés en 2005 aient révélé la présence de produits interdits, mais qui n’avaient pu être détectés à l’époque.

Dix ans plus tard, les technologies ont évolué et ces produits ne passent plus inaperçus. Dans le même temps, les règles anti-dopage ont évolué et permettent de remonter 10 ans en arrière dans le cas de re-testing. L’IAAF, en pleine recherche d’une image plus positive, s’engouffre dans la brèche, et annule tous les résultats de Tatyana Andrianova entre août 2005 et août 2007, et la suspend de septembre 2015 à septembre 2017.

Mais l’instance internationale s’est emballée un peu trop vite, et va recevoir quelques mois plus tard un sérieux camouflet. D’abord, l’agence mondiale anti-dopage la rappelle à l’ordre, pour expliquer que le délai allongé de 10 ans prévu dans le nouveau code anti-dopage ne s’applique pas avec effet rétroactif et que les échantillons de 2005 n’auraient jamais dû être sortis des frigos pour de nouveaux tests !

Dans la foulée, tombe la décision du Tribunal Arbitral du Sport, qui s’inscrit dans ce même cadre, et provoque l’annulation de la suspension de Tatyana Andrianova. La médaille de bronze demeure dans le giron de la Russie, et il est acquis aussi la lanceuse de marteau Tatyana Beloborodova conservera également sa médaille d’or olympique.

Une semaine seulement après l’annulation de la suspension du Biélorusse Devyatovskiy, le Tribunal Arbitral du Sport produit ainsi une nouvelle décision préjudiciable à l’IAAF.

Quel drôle de message….

  • Texte : Odile Baudrier
  • Photo : Gilles Bertrand
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