Frankie Fredericks pèsera de manière forte sur le choix de la ville site des JO 2024. L’ex-sprinter présidera la Commission d’évaluation, il est également membre de l’équipe chargée de l’inspection de l’athlétisme en Russie.

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Frankie Fredericks

Le nom de Frankie Fredericks va probablement hanter le quatuor en lice pour les JO 2024. L’année prochaine, Budapest, Los Angeles, Paris et Rome accueilleront tour à tour l’ancien sprinter pour lui dévoiler les moindres détails de leur projet, et le convaincre pour qu’à son tour, il puisse influer sur la décision du CIO.

Dans cette mission très délicate, Frankie Fredericks ne sera pas seul, il dirigera un groupe de 13 personnes chargées de cette évaluation, comprenant en particulier Nawal El Moutawakel, elle-même responsable de cette même fonction, mais pour les JO de 2016.

Cet hiver, le Namibien avait déjà été mis sous les sunlights, en intégrant le groupe d’inspecteurs chargés d’évaluer les réformes effectuées par la Russie afin d’appréhender si un retrait de la suspension pouvait être décidée.

Hasard des calendriers, ces nominations interviennent tout juste 20 ans après que le sprinter ait établi son record du monde du 200 mètres en salle au meeting de Liévin, avec 19’’96, débutant de manière tonitruante la meilleure année de sa carrière, il l’avait conclue avec deux médailles d’argent olympique sur 100 m et 200 m, après avoir été supplanté à Atlanta par un Michael Johnson hors normes.

Des Townships de Namibie à l’Université de Provo

A près de 50 ans, Frankie Fredericks peut se targuer d’une vie modelée par l’athlétisme. Même si les médailles n’ont pas toujours été celles qu’il escomptait, il n’a finalement été qu’une seule fois champion du monde (en 1993), son talent de sprinter a incurvé de manière radicale son destin, pour le sortir des townships de sa Namibie natale et le propulser au milieu des Etats-Unis, à Provo dans l’Utah.

Le jeune homme y avait fait preuve d’une adaptabilité exceptionnelle pour se transformer en étudiant modèle dans une Université fer de lance de la culture des Mormons, sous la houlette d’un entraîneur réputé, Willard Hirshi, qui avait déjà conseillé Ralph Mann, recordman du monde du 400 m haies, et qui revendiquait haut et fort la rigide doctrine mormone « Pas d’alcool, pas de drogues, pas de sexe ».

Une mine d’uranium de Namibie avait payé ces études d’informatique, et juste après son titre mondial de 1993, Frankie Fredericks formait le projet de revenir y travailler après sa carrière, comme il nous l’avait expliqué dans une longue rencontre en plein cœur de cette Université high tech.

Finalement, il devint un sprinter prolifique, poursuivant malgré les blessures jusqu’aux JO 2004, sa 3ème olympiade, où il prenait la 4ème place sur 200 mètres, et il devenait ensuite l’une de ses figures de l’athlétisme qu’on retrouve à chaque rendez-vous, tantôt à remettre des médailles, tantôt siégeant dans la commission des athlètes, et longtemps à la tête de la fédération de son pays.

IAAF/LOC Press ConferenceAvec ce poste de chef de délégation, Frankie Fredericks atteint un summum envié de nombre de sportifs retraités, même si on peut prévoir que sa mission se déroulera sous haute surveillance tant le monde sportif est chahuté par les affaires en tout genre, avec des suspicions de pots de vin, collant souvent à toutes les désignations.

  • Texte : Odile Baudrier

Photo : Gilles Bertrand

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