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L’IAAF, un genou à terre, a décidé de réagir. Elle vient d’affirmer que 28 cas positifs font actuellement le cas d’une procédure disciplinaire. Ces cas de dopage rétro-actifs ont été obtenus après re-testing d’échantillons prélevés aux Mondiaux de 2005 et 2007.

 

Afin d’éteindre le feu, l’IAAF a déployé l’infanterie lourde pour témoigner de sa volonté réelle à lutter contre le dopage.

Elle vient de révéler via un communiqué de presse que 28 athlètes sont soupçonnés de dopage après ré-analyse d’échantillons prélevés lors de ces 10 dernières années. Ces 28 sportifs sont passibles d’une lourde sanction disciplinaire.

C’est en 2012 que l’IAAF avait effectué ses premières ré-analyses d’échantillons urinaires prélevés lors des championnats du monde d’Helsinki. Ces prélèvements avaient été stockés au laboratoire d’analyse du dopage (LAD), laboratoire accrédité par l’AMA à Lausanne avec l’espoir de pouvoir utiliser les nouvelles techniques de mesure en constant développement par les spécialistes scientifiques. Dès mars 2013, cette stratégie avait déjà révélé six cas positifs.

A ce jour, le nombre de cas positifs suite à des ré-analyses restaient donc mineur. Certains interprétant ces résultats par la volonté de l’IAAF de ne pas fouiller dans son passé au risque de faire remonter à la surface un trop grand nombre de cas de dopage.

Mais en pleine tourmente, il semble que la Fédération Internationale ait décidé de lever le voile sur des pratiques frauduleuses entachant gravement le premier des sports olympiques.

En utilisant les dernières technologies disponibles dans le domaine de l’antidopage et en profitant de la nouvelle règle permettant de re-contrôler des échantillons stockés depuis 10 ans (et non plus 8 ans) l’IAAF a opéré à une nouvelle vague de ré-analyses sur les tests d’Helsinki en 2005 et Osaka en 2007. Le verdict est tombé sans appel, 28 nouveaux cas de dopage ont ainsi été détectés.

En raison de la procédure judiciaire, les noms de ces athlètes ne peuvent pas encore être dévoilés.

Des nouvelles techniques d’analyse qui permettent par exemple la détection à long terme de stéroïdes

Une grande majorité de ces 28 « fautifs » sont à la retraite, certains sont des athlètes qui ont déjà été sanctionnés, et seulement très peu restent actifs sur le circuit international. L’IAAF a décidé de les suspendre provisoirement et a confirmé qu’aucun des athlètes concernés ne seraient présents à Pékin.

Martial Saugy, professeur agrégé, Ph.D., sciences de la vie, et directeur du LAD a commenté: « Les dernières avancées scientifiques en matière de technologie et d’analyse anti-dopage ont été employées pour ré-analyser ces échantillons et pour nous permettre de trouver des substances précédemment indétectables. Nous sommes à la pointe de la lutte contre le dopage. Dans notre partenariat de 10 ans avec l’IAAF, nous avons utilisé tous les progrès scientifiques et la possibilité juridique à notre disposition pour attraper les tricheurs. L’IAAF et le CIO, en collaboration avec le DAL, ont clairement montré la voie il y a 10 ans. D’autres organisations antidopage et certaines fédérations, sur la recommandation de l’AMA, envisagent maintenant ou ont commencé à mettre en œuvre une telle politique de nouveaux essais « .

L’IAAF a travaillé avec le laboratoire accrédité par l’AMA à Lausanne pour assurer l’exactitude et la rapidité de ce processus, en profitant notamment des nouvelles techniques d’analyse qui permettent par exemple la détection à long terme de stéroïdes.

Par cette révélation, l’IAAF veut affirmer haut et fort sa position quant à lutter contre les tricheurs (athlètes, préparateurs et fédérations complaisantes) qui ont souillé et perverti ce sport.

Elle affirme également en tirant profit des nouvelles techniques de dépistage que le stockage à long terme et le re-testing sont bien les armes absolues dans la prévention contre le dopage.

Il ne reste plus qu’à attendre la publication de la liste des 28 noms pouvant entraîner une valse des médailles .

> Texte Gilles Bertrand