La justice italienne valide un complot contre le marcheur Alex Schwazer

19 février 2021

Alex Schwazer victime d’un complot pour le déclarer à tort dopé ? C’est la conclusion du juge italien de Bolzano qui l’acquitte pour son contrôle positif de début 2016, et met en cause les instances internationales Agence Mondiale Anti Dopage et IAAF, les accusant d’avoir orchestré une conspiration pour discréditer le marcheur et son entraîneur. Toutefois la suspension sportive de 8 ans demeure en vigueur…

« Alex Schwazer n’était pas dopé. Il a été piégé ». C’est l’incroyable décision prononcée par le juge italien Walter Pelino, qui soutient la théorie d’un complot mené contre le marcheur et son entraîneur, Sandro Donati.

Par qui ? Le juge de Bolzano n’y va pas par quatre chemins. Il incrimine directement l’IAAF (World Athletics) et l’Agence Mondiale Anti-dopage. Witold Banka, le patron de l’AMA, a d’ailleurs immédiatement réagi pour contester ces accusations, accusant même le juge de diffamation.

Et il est vrai que les deux instances internationales se voient sévèrement mises en cause, avec l’accusation qu’elles ont orchestré un faux contrôle positif à la testostérone du marcheur, au tout début de l’année 2016.

Alex Schwazer prépare alors son retour pour les Jeux Olympiques de Rio après une suspension de quatre années. Le champion olympique 2008 avait été contrôlé positif à l’EPO à quelques heures de l’ouverture des JO de Londres. Et il avait immédiatement avoué sa tricherie dans une conférence de presse.

Ce come-back s’avère particulièrement médiatique en Italie, car le marcheur s’est associé avec Sandro Donati, un entraîneur réputé pour son hostilité au dopage. L’association entre les deux hommes apparaît plus qu’étonnante, mais le coach a été sensible aux aveux du jeune homme, et a mis en place un protocole de contrôles permanents de son nouveau protégé.

La nouvelle affaire Schwazer tourne autour d’un prélèvement effectué début janvier 2016. Une première analyse n’y détecte rien. Une deuxième analyse se voit alors organisée au laboratoire de Cologne et en mai 2016, la sanction tombe : de la testostérone y a été découverte. D’où une nouvelle suspension de 8 ans.

Mais cette fois, Alex Schwazer crie à son innocence, tout autant que Sandro Donati. Dans ce long combat, il recevra en juin 2017 l’aide des hackers des Fancy Bears qui balancent à un journaliste italien Christoph Franceschini de « salto.bz », des mails qui semblent valider l’idée d’une conspiration orchestrée contre le duo. Avec aux commandes, Thomas Capdevielle, le responsable antidopage de l’IAAF, Ross Wenzel, l’avocat de l’IAAF à Lausanne, Katherine Brown, membre du cabinet d’avocats de l’AMA à Lausanne, Wilhelm Schänzer, le directeur du laboratoire de Cologne, et son adjoint.

Une théorie du complot pour le moins farfelue, mais qui va prendre corps à mesure que le parquet de Bolzano demande des recherches complémentaires, et en particulier des analyses d’ADN pour expliquer pourquoi l’échantillon prélevé en janvier 2016 contient plus d’ADN cinq mois plus tard, à l’encontre de toutes les théories scientifiques.

En ce début 2021, la justice italienne tranche en faveur du duo Schwazer-Donati, en validant l’idée que l’échantillon a été altéré pour le rendre positif. Et renonce à toutes poursuites judiciaires pour faits de dopage.

Pour autant, la suspension de 8 ans prononcée par le marcheur n’est nullement affectée par cette décision judiciaire. Un énorme paradoxe à considérer les éléments à charge….

Texte : Odile Baudrier

photo : Gilles Bertrand et D.R.

Italian justice validates a conspiracy against the walker Alex Schwazer


Alex Schwazer victim of a conspiracy to falsely declare him doped? This is the conclusion of the Italian judge in Bolzano who acquits him for his positive test at the beginning of 2016, and implicates the international bodies World Anti-Doping Agency and IAAF, accusing them of having orchestrated a conspiracy to discredit the walker and his coach. However, the 8-year suspension remains in force…


“Alex Schwazer was not doped. He was set up. This is the incredible decision by Italian judge Walter Pelino, which supports the theory of a conspiracy against the walker and his coach, Sandro Donati.
By whom? The judge in Bolzano is not going to beat about the bush. He directly incriminates the IAAF (World Athletics) and the World Anti-Doping Agency. Witold Banka, the head of the WADA, immediately reacted to challenge these accusations, even accusing the judge of defamation.
And it is true that the two international bodies are being severely challenged, with the accusation that they orchestrated a false positive test for testosterone in early 2016.
Alex Schwazer then prepares his return for the Olympic Games in Rio after a suspension of four years. The 2008 Olympic champion had tested positive for EPO just hours before the opening of the London Olympics. And he immediately confessed his cheating in a press conference.
This comeback is proving to be particularly media-friendly in Italy, as the walker has teamed up with Sandro Donati, a coach known for his hostility to doping. The association between the two men seems more than a little surprising, but the coach was sensitive to the young man’s confession, and has set up a protocol of permanent testing of his new protégé.
The new Schwazer case revolves around a sample taken at the beginning of January 2016. A first analysis did not detect anything. A second analysis was then organized at the laboratory in Cologne and in May 2016, the sanction fell: testosterone was discovered there. Hence a new suspension of 8 years.
But this time, Alex Schwazer cries out for his innocence, just as much as Sandro Donati. In this long fight, he will receive in June 2017 the help of the Fancy Bears hackers, who are sending an Italian journalist Christoph Franceschini from “salto.bz” emails that seem to validate the idea of a conspiracy orchestrated against the duo. At the helm are Thomas Capdevielle, IAAF anti-doping officer, Ross Wenzel, the IAAF lawyer in Lausanne, Katherine Brown, a member of the WADA law firm in Lausanne, Wilhelm Schänzer, the director of the Cologne laboratory, and his deputy.
A conspiracy theory that is far-fetched to say the least, but which will take shape as the public prosecutor’s office in Bolzano asks for further research, and in particular DNA analyses to explain why the sample taken in January 2016 contains more DNA five months later, against all scientific theories.
At the beginning of 2021, the Italian courts ruled in favor of the Schwazer-Donati duo, validating the idea that the sample had been altered to make it positive. And renounces all legal proceedings for doping.
However, the 8-year suspension pronounced by the walker is in no way affected by this judicial decision. An enormous paradox to consider the elements to be charged….