La Marocaine Khadija Sammah a été suspendue pour quatre ans pour utilisation de la molécule GW 1516, relevant du dopage génétique. Elle avait terminé 2ème du cross court du Championnat de France de cross 2014.

 

La nouvelle d’un contrôle positif à l’AICAR lors d’un cross à Khouribga au Maroc avait filtré dès la fin mars, mais il était alors évoqué une athlète de « seconde » zone. Une information visiblement tronquée puisque cette athlète était en réalité Khadija Sammah.

Quelques mois plus tôt, Khadija Sammah s’était distinguée en France en terminant 2ème sur le cross court au Championnat de France 2014 du Pontet, terminant sur les talons de Clémence Calvin, en supplantant Laura Niclo.

Une saison 2014, où elle avait été double championne du Maroc sur 5000 m et 10000 m, avait empoché un nouveau record personnel sur 10000 m en 33’24’’24, faisant suite à une saison 2013 où elle avait enchaîné record sur record, avec en particulier un chrono de 4’21’’36 sur 1500 mètres.

La cousine de Laila Traby ?

Deux saisons surprenantes à considérer qu’elle débutait sur la piste à 29 ans, alors qu’elle n’était précédemment qu’une spécialiste du semi-marathon, distance où on l’a retrouvée dès 2004, à 21 ans seulement, établissant son record de 1h16’37’’ en 2006, à 23 ans. Et elle courait alors le plus souvent sur des semis en Espagne.

Elle n’évoluait en France que durant l’année 2014, sous les couleurs de Martigues, où elle aurait rejoint celle présentée au club français, comme sa cousine, Laila Traby…

C’est au Maroc en janvier 2015 que Khadija Sammah a subi le contrôle qui allait l’amener à une suspension de quatre années, après avoir révélé l’utilisation de GW 1516. Un produit s’inscrivant dans la même démarche que le fameux « Aicar », celle du dopage génétique car modifiant le métabolisme cellulaire, et permettant d’obtenir des résultats sans exercice.

Deux molécules testées par les laboratoires pharmaceutiques pour le traitement de l’obésité, du diabète, des anomalies sanguines graisseuses, mais dont le développement fut interrompu en raison de leur toxicité découverte lors des tests sur les hommes.

Deux produits aux effets aussi puissants que dangereux, et pourtant disponibles très facilement sur internet, pour modifier radicalement certaines carrières.

 Texte : Odile Baudrier

 Photo : Gilles Bertrand