En 2025, deux compétiteurs de Crossfit ont fait l’objet de contrôles positifs durant The Affiliates Battle et de suspensions. Mais leurs noms demeurent officiellement inconnus puisque les sanctions prises par l’AFLD sont anonymes, en raison d’un contexte juridique compliqué. Toutefois ce point est maintenant réglé et les futures suspensions verront bien les noms des pratiquants affichés.
Deux contrôles positifs en deux jours sur la même compétition, c’est plutôt rare en France ! C’est pourtant bien le résultat des prélèvements effectués en juillet 2025 lors des Affiliates Battle, compétition de référence pour le crossfit organisé à Nîmes. Toutefois le nom de ces deux compétiteurs, contrôlés tous les deux aux anabolisants, Ligandrol pour l’un, et Testostérone enanthate pour l’autre, demeure inconnu et le restera, du moins officiellement. Ils sont pourtant suspendus par l’AFLD, pour trois ans.
Pourquoi cet anonymat ?
Pour des raisons juridiques. Comme l’explicite l’AFLD : « La difficulté de départ réside dans la fragmentation du paysage du crossfit qui ne bénéficie pas d’une fédération qui, comme dans d’autres disciplines, pourrait servir d’interlocuteur institutionnel. Lorsqu’une fédération existe, l’AFLD est en effet en droit de lui communiquer des informations sur les procédures disciplinaires en cours et sur les décisions prises – comme les suspensions provisoires ou définitives – mais cette possibilité ne peut pas être utilisée avec le même degré de sécurité juridique avec de simples organisateurs privés comme par exemple The Affiliates Battle. »
Les pratiquants de crossfit considérés comme de niveau récréatif
Comme le crossfit ne relève d’aucune fédération, la plupart de ses pratiquants étaient considérés jusqu’ici comme étant de « niveau récréatif », un statut qui les fait bénéficier, selon le Code mondial antidopage, de l’anonymat en cas de sanction à la suite d’une violation des règles antidopage. En effet, ce sont seulement les sportifs professionnels ou inscrits sur les listes du haut niveau, et également tout sportif qui a participé dans les 5 années précédents à un Championnat de France, qui ne sont PAS des coureurs de niveau récréatif. Tous les autres sont considérés comme des « récréatifs », même s’ils remportent des compétitions.
C’est d’ailleurs en vertu de cette règle qu’un coureur de bon niveau de Martigues a ainsi été sanctionné pour prise d’EPO sans que son nom ne soit officiellement révélé (hormis par la suite d’une erreur de l’AIU qui l’avait publié en mai 2022 pendant quelques heures).
The Affiliates Battle, une compétition richement dotée
Une situation plutôt paradoxale à considérer que The Affiliates Battle est une compétition aux primes très conséquentes, avec un budget total de 70.000 euros distribué sur les trois jours de la compétition.
Ces deux cas de dopage n’ont pas manqué de provoquer une certaine ébullition dans le milieu du crossfit, où cet anonymat apparaît plutôt dérangeant puisque jetant le doute sur l’ensemble des participants… Mickaël Bouteillon, l’organisateur de la compétition, a tenu à réagir via Instagram pour s’offusquer de la situation, arguant qu’il lui était demandé de modifier les classements, sans que les noms ne lui aient été révélés.
Une réaction peu fondée puisque c’est par son choix que The Affiliates Battle n’a rejoint aucune fédération sportive. La Fédération Fitness Fonctionel l’a ainsi rappelé dans une réponse sur IG en l’invitant à s’affilier. Alors le cadre légal permettrait la diffusion publique des décisions.
L’AFLD lèvera l’anonymat dans le futur
En parallèle, toute cette affaire a suscité une réflexion au niveau de l’AFLD, qui a décidé en décembre 2025 « d’adapter les règles qu’elle est en droit de fixer selon le Code mondial antidopage pour répondre à une demande d’information légitime du milieu du crossfit au sujet des décisions disciplinaires ».
L’Agence a donc révisé la définition du sportif de niveau récréatif pour l’ajuster à la réalité sportive du crossfit : depuis le 1er janvier 2026, les sportifs participant à des manifestations de crossfit en catégorie « Elite », ou encore les pratiquants d’Hyrox participant aux championnats du monde de cette discipline, ne sont plus considérés comme de niveau récréatif.
Désormais, les décisions prises suite à des violations des règles anti-dopage seront donc publiées de manière nominative. Quant aux deux spécialistes suspendus cette année, c’est leur absence dans les compétitions dans les saisons à venir qui dévoilera les faits…
- Analyse : Odile Baudrier
- Photo : D.R.
