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Le conflit entre Julien Lyon et Sierre Zinal se poursuit 

La justice suisse a délivré un verdict favorable à Julien Lyon contre Sierre Zinal. Les organisateurs de l’épreuve de montagne avaient mis en cause l’entraîneur après le contrôle positif de sa protégée Joyline Chepngeno. Toutefois les décisions sur le fond restent encore à statuer avec en filigrane, une demande d’indemnités de Julien Lyon d’environ 160.000 euros. En parallèle, les meilleurs de son groupe d’entraînement des Milimanis Runners l’ont quitté sur des dissensions financières et la marque Salomon ne collaborerait plus avec lui.

C’est une situation très inédite que ce conflit entre Julien Lyon et Sierre Zinal apparu suite au contrôle positif de Joyline Chepngeno lors de l’édition d’août 2025 de l’épreuve. Les organisateurs, échaudés par le précédent de Mark Kangogo, également positif en août 2022, et entraîné par Julien Lyon, avaient introduit dans leur règlement une règle rendant les coaches solidaires de leur athlète en cas de contrôle positif avec sanctions financières à la clef.

Un principe immédiatement revendiqué par Sierre Zinal à l’encontre de Julien Lyon après la mauvaise nouvelle sur Joyline Chepngeno, qui remportait ici sa 2ème victoire majeure en quelques semaines, après le Marathon du Mont Blanc, et juste avant de s’imposer à l’OCC Fin août. Mais l’entraîneur ne l’entendait pas de cette oreille, et obtenait dès le mois de septembre de la justice suisse la suppression de son nom dans les communiqués de presse de l’organisation.

  • Une première victoire avant une décision sur le fond 

La décision récente du tribunal de Sierre représente une nouvelle victoire pour Julien Lyon, avec Sierre Zinal condamnée à une amende de 3000 euros aux dépens, comprenez un jugement sur la forme. L’affaire est très loin d’être terminée puisque le coach réclame environ 160.000 euros à l’organisation, pour perte de revenus et tort moral.

Julien Lyon n’a pas manqué de crier sa satisfaction après cette décision alors que Valentin Genoud et Vincent Theytas expliquaient dans les colonnes de « la Tribune de Genève » que les procédures n’avaient pas encore statué sur le fond, et seulement sur la forme. Tout en reconnaissant que ce litige pourrait peser sur les finances de l’épreuve, au budget de 1.1 million d’euros. 

  • Une règle très inédite dans un milieu peu courageux 

Pénaliser financièrement un entraîneur ou manager et ses athlètes accusés de dopage, c’est une règle très inédite que Sierre Zinal a souhaité introduire après l’épisode Kangogo en 2022. Avec l’objectif d’afficher son engagement fort contre le dopage. Mais force est d’admettre que cette idée tout à leur honneur apparaît aux antipodes des habitudes du monde du sport où l’entourage d’un sportif accusé de faits de dopage n’est quasiment jamais mis en cause. Au nom de la bonne vieille Omerta en vigueur dans tous les milieux confrontés aux déviances…

  • Les managers des Kenyans jamais inquiétés 

Le Kenya compte actuellement un record d’environ 120 athlètes suspendus mais leurs entraîneurs et managers poursuivent leur activité à travers le monde entier, de meetings en grands marathons sans aucune conséquence. Tout récemment, il a ainsi été pointé du doigt sur l’Italien Claudio Berardelli, qui apparaît relié à trois athlètes kenyans suspendus pour dopage (Rita Jeptoo-Mathew Kisorio-Agatha Jeruto) alors même qu’il entraîne Sabastian Sawe, le tout nouveau recordman du monde du marathon. Et également sur Patrick Sang, le coach de Eliud Kipchoge, après la suspension du 5ème coureur de son camp d’entraînement à connaître une telle sanction.

Pour autant, Berardelli comme Sang, ou comme le Docteur Rosa, collaborant également avec de nombreux Kenyans suspendus, n’ont supporté de sanctions de la part des organisateurs surtout soucieux d’éviter les vagues pour maintenir le business !

  • Une plainte des athlètes pour défauts de paiements

L’affaire Joyline a provoqué de sérieux soubresauts au Kenya avec une explosion du groupe des Milimanis Runners créé par Julien Lyon dans l’objectif de faire briller les Kenyans sur le Trail.

Les relations du coach et de ses meilleurs athlètes se sont envenimées dans un contexte de litige financier avec Julien Lyon mis en cause à l’automne par ses protégés pour ne pas avoir versé leurs primes d’arrivées. Selon certaines informations, les indemnités menées prévues dans les contrats signés avec la marque Salomon auraient également été partiellement conservées par Julien Lyon, au-delà des 15% de commissions qu’il se serait octroyé précédemment. 

Les problèmes ont débouché en janvier sur une plainte auprès de la police d’Eldoret de plusieurs athlètes. Et un relais sur les réseaux sociaux par le compte FB du groupe Athletics News fort de 350.000 membres et Joseph Njuguna Young Tycoon, un athlète kenyan très engagé dans la défense des intérêts de ses compatriotes, et s’insurgeant sur ces manquements financiers.

  • Le groupe des Milimanis Runners explose

Dans la foulée, les meilleurs athlètes décidaient alors de quitter le coach Julien Lyon, pour rejoindre un groupe formé par Isaac, son ancien assistant coach, également en litige financier avec lui. 

La marque Salomon choisissait alors de nouer des liens directs avec ces trailers, poursuivant les contrats qui avaient été signés pour 2025 et 2026. Une démarche qui aurait incité Julien Lyon à engager une action contre Salomon pour cet arrêt de collaboration. 

Caroline Kimutai, ancienne égérie des Milimani Runners, s’est ainsi imposée sous le maillot Salomon, lors de la deuxième étape du Golden Trail World Series, en Italie, avec également présents Samwel Kiprotich, Ezekiel Rutto.

  • Julien Lyon demeure silencieux 

Interrogé par nos soins à plusieurs reprises, depuis le mois de novembre, Julien Lyon n’a pas souhaité répondre à nos questions. En début d’année, il m’orientait vers son avocat de Lausanne, Fabien Mingard, mais celui-ci opposait un refus de répondre par son client. 

Sur mes récentes questions sur le litige financier avec les athlètes et sur les plaintes déposées contre Sierre Zinal, Julien Lyon s’est fendu d’un laconique : « Compte tenu du contexte juridique, en particulier eu conflit avec Sierre Zinal, je ne souhaite pas répondre, en l’état, à vos questions. »

➢ Analyse : Odile Baudrier 

Photo DR