L’affaire des contrôles positifs de deux athlètes écossais, Gareth Warburton et Rhys Williams, a fait beaucoup de bruit dans leur pays, avec la mise en cause de la boisson énergétique de la marque Mountain Fuel, qui serait à l’origine de leur contrôle aux stéroïdes anabolisants.

 

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L’affaire est étrange. Deux athlètes écossais se retrouvent contrôlés positifs aux stéroïdes anabolisants. Gareth Warburton, un coureur de 800 mètres, en juin 2014 sur un test hors compétition, et Rhys Williams, champion d’Europe sur 400 m haies en 2012, au meeting de Glasgow en juillet 2014.

 

Et tous les deux d’incriminer en choeur la boisson énergétique « Mountain Fuel » au goût cassis qui les auraient contaminés à leur insu. Vrai ou faux ? L’excuse des compléments alimentaires n’est pas une nouveauté, et ils sont nombreux à l’avoir utilisée avant les deux Ecossais. En général en incriminant des produits achetés sur internet.

 

Cette fois, la boisson est pourtant 100% Ecossaise, créée par la marque installée à Brynmwar. Cet élément a-t-il pesé dans la balance au moment de prendre les sanctions ? Peut-être car la Fédération d’athlétisme ne les a suspendus que pour 4 mois pour Williams et 6 mois pour Warburton. C’est peu même si une sanction aussi courte résulte du nouveau code anti-dopage mondial entré en vigueur en 2015 et stipulant qu’en de tels cas de produits contaminés, la suspension peut atteindre jusqu’à 2 ans ou bien se limiter à une simple réprimande.

 

En tout cas, leurs explications ont été entendues. Les tests effectués sur leurs boissons auraient révélé la présence de stéroïdes anabolisants. Même s’il a épaulé les athlètes dans leur défense, le créateur de la marque « Moutain Fuel » ne dissimule pas son extrême surprise face à de tels résultats, et le communiqué diffusé en témoigne, soulignant comme il est déconcerté qu’une contamination ait lieu. Et d’insister sur son incapacité à découvrir la véritable source de cette pollution aux stéroïdes…

 

130.000 euros de frais d’avocat pour se défendre

Mis en cause, le laboratoire fabriquant les produits de la marque, Cambridge Commodities Limited, a confirmé avoir vérifié et après les contrôles positifs des deux athlètes, chaque ingrédient et matériel utilisés pour la fabrication de cette boisson.

 

Avec une seule conclusion : les produits du lot de boisson au cassis incriminée sont tous ressortis « négatifs », alors même que les produits envoyés par les athlètes à la Fédération Britannique pour se défendre étaient, eux, contaminés par des stéroïdes… Un paradoxe, surtout à considérer que le laboratoire de Cambridge dispose d’un label particulier intitulé « Informed Sport manufacturer », qui valide sa parfaite connaissance des problématiques justement liés au dopage.

 

Alors, vrai ou faux ? Mensonge arrangé ou énigme scientifique ??? Le débat a été vif en Ecosse, où le hurdler Rhys Williams a été particulièrement pris à partie pour son attitude, se présentant comme une victime et s’estimant suspendu à tort. Le journaliste James Fairbourn du site « eighlane.org » n’a ainsi pas hésité à le conspuer, et à pointer aussi du doigt les 130.000 euros engagés pour financer sa défense par l’athlète ou par son père…

Texte : Odile Baudrier