Un voile s’est levé sur les pratiques du dopage en Russie, avec en particulier un véritable scandale autour de la marathonienne Liliya Shobukhova.

Une très sombre histoire autour de la marathonienne russe

Une très sombre histoire autour de la marathonienne russe

Victorieuse. Dopée. Volée. Tous ces qualificatifs s’appliquent à la marathonienne Liliya Shobukhova. Trois victoires au marathon de Boston, une victoire à Londres, un chrono de 2h 18’11. En trois années, entre 2009 et 2011, la coureuse russe avait acquis une renommée internationale.

Mais la belle histoire hoquetait une première fois au printemps 2014 en raison des irrégularités de son passeport biologique. Avec la sanction d’une suspension de deux ans et suppressions de toutes ses performances depuis 2009.
Le scandale paraissait déjà énorme, avec cet effet rétroactif annulant toute la carrière de Liliya Shobukhova et la contraignant aussi à rembourser toutes les sommes perçues lors de ses victoires (1 million de dollars).

Pourtant ce n’était en réalité pas grand-chose par comparaison avec les informations filtrant en fin d’année dernière, sur les pratiques de la Fédération Russe, révélées à la fois par l’agent de Liliya Shobukhova auprès de l’IAAF, et par un ex-agent de la RUSADA, l’agence anti-dopage russe, auprès d’un journaliste allemand.

Pour le cas Shobukhova, son ex-agent, Andrei Baranov, affirmait qu’elle aurait payé 600.000 dollars à la Fédération Russe pour éviter une suspension pour dopage et être autorisée à disputer le marathon des Jeux Olympiques 2012. Car déjà en 2012, la Fédération Russe était en possession de ses taux sanguins anormaux, témoignant d’un dopage à l’EPO, qu’elle allait conserver jusqu’en avril 2014, moment choisi pour sortir ces résultats et la suspendre. Et Shobukhova exigeait alors le remboursement de cette somme…

Les investigations lancées par l’IAAF aboutiront-elles à une quelconque vérité ? Pas sûr du tout à considérer que le président de la Fédération Russe, Valentin Balakhnichev, serait impliqué dans cette opération de corruption. Et peut-être aussi le fils de Lamine Diack, le président de l’IAAF.

Vous avez dit glauque ???

> Texte : Odile Baudrier