Ophélie Claude Boxberger reprendra la compétition dès ce dimanche 7 novembre en disputant les 10 km de Colmar. Sa suspension pour contrôle positif à l’EPO s’achève ce vendredi 5 novembre, après que la Commission des sanctions de l’AFLD ait décidé en avril dernier de lui infliger une sanction de deux années. Toutefois cette décision fait encore l’objet d’un recours devant le Conseil d’Etat à la demande de l’AFLD, qui l’estime trop réduite.

Une fin de suspension le vendredi 5 novembre et un retour à la compétition le dimanche 7 novembre. Ophélie Claude Boxberger ne veut pas perdre de temps. C’est à Colmar pour les 10 km qu’elle reviendra en lice, pour une course qu’elle abordera sans vraie ambition, car à peine de retour d’un stage de deux semaines en altitude, à Font Romeu. Et son véritable come back se fera au Cross d’Arnay le Duc, le 11 novembre, puis aux 10 km d’Heillecourt début décembre, et à la Corrida de Houilles fin décembre.

La jeune femme, qui s’est astreinte aux deux visites médicales exigées avant la reprise suite à suspension, n’avait jamais dissimulé son impatience à revenir à la compétition, et la Commission des sanctions de l’AFLD lui a été très favorable en prononçant en avril dernier une suspension de deux années, débutant le jour même où sa suspension provisoire lui avait été notifiée en novembre 2019, suite à son contrôle positif à l’EPO de septembre 2019.

Débutait alors une longue saga, riche en rebondissements plutôt sordides, entre les vrais faux aveux d’Alain Flaccus, l’ex-beau père et entraîneur d’Ophélie, s’accusant d’avoir injecté l’EPO à la jeune femme à son insu, avant de se raviser, la plainte pour viols déposée par Ophélie à son encontre…

Le contexte psychologique a pesé en faveur d’Ophélie Claude Boxberger

C’est ce contexte très particulier qui avait amené la Commission des Sanctions de l’AFLD à statuer sur une sanction réduite alors même que l’AFLD avait demandé, elle, une suspension de 8 années, au motif qu’Ophélie Claude Boxberger aurait falsifié certaines données sur sa localisation et fourni de fausses déclarations pour éviter l’interprétation de son profil biologique. En s’appuyant également sur l’analyse du Professeur Saugy, spécialiste mondial anti-dopage, qui estimait que le contrôle positif à l’EPO faisait suite à une cure d’EPO, et non pas à une injection isolée. Et s’ajoutait  également la révélation qu’un échantillon prélevé le 23 septembre lors du Championnat du Monde de Doha pour constituer le passeport biologique de la jeune femme contenait, lui aussi, de l’EPO.

Autant d’éléments à charge complètement balayés par la commission des sanctions, qui s’est concentrée sur la fragilité psychologique d’Ophélie Claude Boxberger. Le résumé de la décision publié sur le site de l’AFLD (*) démontre clairement que les arguments avancés par l’athlète et ses avocats, sur le traumatisme subi suite aux atteintes sexuelles, sont repris à leur compte par les membres de la commission.

Pourtant la plainte pour agressions sexuelles et viol aggravé déposé par l’athlète en octobre 2020 demeure encore en cours d’instruction, comme me le confirme Ophélie Claude Boxberger ce mardi 2 novembre. Les enquêteurs ont recueilli de nombreux témoignages dans l’entourage de l’athlète et d’Alain Flaccus, en particulier auprès des membres du club de Montbéliard.

Malgré tout, la fin de la suspension d’Ophélie Claude Boxberger ne marque pas un point final à cette affaire, et les mois à venir pourraient encore comporter d’autres surprises. Le Conseil d’Etat n’a pas encore examiné l’appel formulé par l’AFLD, qui réfute cette sanction trop courte, comme elle l’a également fait pour la cycliste Marion Sicot, elle aussi suspendue pour seulement 2 ans après un contrôle à l’EPO.

Alain Flaccus relaxé de l’accusation d’empoisonnement

D’autant qu’un élément fort à prendre en compte par le Conseil d’Etat est survenu en septembre dernier, avec la décision défavorable à Ophélie Claude Boxberger prise par le tribunal de Montbéliard sur sa plainte contre Alain Flaccus, qu’elle accusait d’empoisonnement (**) pour cette fameuse injection d’EPO qu’il lui aurait faite. Les juges ont finalement conclu à une relaxe d’Alain Flaccus, et la condamnation à lui verser 3500 euros de dommages et intérêts.

Sans oublier aussi que l’enquête lancée par l’OCLAESP, les gendarmes de l’anti-dopage, n’a toujours pas livré tous ses secrets deux ans après qu’elle ait débutée…

Toutefois envers et contre tous ces errements judiciaires, le temps sportif est revenu pour Ophélie Claude Boxberger.

  • Texte : Odile Baudrier
  • Photo : D.R.

(*) « Considérant toutefois qu’il convient de tenir compte de l’état de fragilité psychologique de Mme CLAUDE-BOXBERGER, dont l’adolescence a été marquée par la mort de son père dans des circonstances dramatiques, par des relations difficiles avec sa mère et par les atteintes sexuelles de M. FLACCUS, qui était alors le compagnon de sa mère et contre lequel elle a porté plainte pour agressions sexuelles et viol aggravé ; que Mme CLAUDE-BOXBERGER a rencontré des problèmes avec l’alcool et commis des tentatives de suicide ; que cette fragilité l’a conduite à être suivie au plan psychiatrique et à suivre un traitement à base d’antidépresseurs et d’anxiolytiques ; que lors du stage de sélection pour les championnats du monde d’athlétisme organisé à Font-Romeu, Mme CLAUDE-BOXBERGER était soumise à une pression particulière alors même qu’elle ne bénéficiait de la part de la fédération française d’athlétisme que d’un faible soutien humain et financier et d’aucun soutien médical ;

(**) plainte pour atteinte à l’intégrité physique par administration de substances nuisibles