Ophélie Claude-Boxberger s’est vu notifiée fin novembre une deuxième violation des règles anti-dopage. Celle d’une falsification, en vue de créer un scénario pour la disculper de son contrôle positif à l’EPO. L’AFLD demande maintenant une suspension de 8 années ! Son avocat confirme cette notification, mais conteste cette version.

Une manipulation d’Ophélie Claude Boxberger. C’est la conclusion de l’enquête menée par l’AFLD. Avec par ricochet, la demande d’une suspension doublée, de 8 ans… Divers témoignages démontreraient qu’il existe une accumulation de preuves qui démontre que l’athlète aurait créé un scénario pour se dédouaner de son contrôle positif à l’EPO de septembre 2019.

En l’occurrence, elle aurait fait pression sur Alain Flaccus pour qu’il s’accuse de l’injection d’EPO. Son ancien entraîneur aurait accepté de jouer le bouc émissaire, dans la continuité de la relation malsaine qu’il entretenait avec son ancienne athlète, mais également belle-fille, qui le met en cause pour des faits de violences sexuelles à son encontre durant son adolescence.

Fin novembre 2019, durant sa garde à vue, Alain Flaccus s’était accusé de cette piqûre effectuée à l’insu d’Ophélie Claude Boxberger. Parce qu’il était encore amoureux de la jeune femme et qu’il voulait nuire à son nouveau compagnon, le Docteur Jean Michel Serra, alors encore médecin de la FFA. Un scénario tiré par les cheveux, mais Ophélie l’a défendu sans discontinuer, dans l’enquête menée auprès de l’OCLAESP, comme dans son audition de janvier 2020 à l’AFLD. Et elle a toujours conservé le même cap dans ses multiples interviews dans la presse, France 2, L’Equipe, le JDD, France Info, l’Est Républicain, et bien sûr spe15.fr.

Deux plaintes contre Alain Flaccus

Elle avait même déposé en décembre 2019 contre X pour empoisonnement, qu’elle transformait au printemps 2020 en plainte contre Alain Flaccus, avec une demande de 50.000 d’euros de dommages et intérêts. Juste après, Alain Flaccus s’était rétracté de ses aveux, niant toute implication dans cette injection. Elle avait aussi attaqué contre Alain Flaccus, sur le terrain de ce passé sordide, en déposant fin octobre plainte pour « viol sur mineure » auprès du commissariat de Montbéliard.

La justice tranchera dans ces affaires, et alors que l’enquête menée par l’OCLAEPS, qui devrait être finalisée en cette fin d’année 2020, pourrait aussi apporter son lot de surprises.

Maître Lauzon confirme la notification

Ophélie Claude n’a pas souhaité répondre à mes appels, mais maître Lauzon a admis ce jour que l’athlète a bien reçu une deuxième notification pour violation des règles anti-dopage. Avec comme principal motif : « c’est à votre initiative que Monsieur Flaccus s’est accusé ». Comme le résume maître Lauzon : « On lui dit qu’elle a demandé à Alain Flaccus de prendre la responsabilité d’une histoire fausse ».

Il figure également dans cette nouvelle notification une mise en cause pour manquements aux règles la localisation, remontant à septembre 2019, car elle avait effectué son trajet retour depuis Font Romeu en une seule étape au lieu de deux étapes prévues, sans modifier sa localisation sur ADAMS. L’AFLD pointe aussi du doigt des incohérences dans ses plans d’entraînement, qu’elle avait communiqués à l’agence en complément de sa première infraction.

Toutefois la position de maître Lauzon est sans ambiguïté : « Cette nouvelle infraction n’est que pure opportunité ». Et il appuie ses propos en fournissant un élément troublant.

Des aveux et contre aveux

En effet, dans le dossier qui a été transmis avec cette notification, figure une lettre manuscrite signée par Alain Flaccus en date du 17 août 2020, où il confirme l’intégralité de ses propos du 23 janvier 2020 tenus lors de son audition par le Secrétaire Général de l’AFLD et où il avouait avoir procédé à l’injection. Egalement le PV de son audition du 30 septembre, où cette fois, il se rétracte et conteste son rôle dans cette injection d’EPO.

En bref, comme le résume maître Lauzon : en janvier, Alain Flaccus s’accuse. En juin, il se rétracte via son avocat auprès de l’AFP. En août, il confirme qu’il s’accuse. En septembre, il se rétracte….

L’AFLD accusée de rétention de documents

Autant d’éléments qui donnent le tournis. Maître Lauzon met en cause l’AFLD pour son retard à lui communiquer ces diverses pièces, en faisant référence à l’article 434-4 qui punit de sanctions pénales quiconque fait une rétention de documents. Pour lui, l’AFLD conserve des documents qui innocentent sa cliente, alors même qu’elle doit apporter la preuve de son innocence. Et de conclure avec force : « Ils veulent lui couper la tête ! »

Cette surprenante lettre du 17 août sera utilisée par maître Lauzon lors de l’audience du tribunal correctionnel de Montbéliard du 17 décembre, qui doit statuer sur la plainte pour empoisonnement d’Ophélie Claude Boxberger contre Alain Flaccus, et sa demande de 50.000 euros de dommages et intérêts.

  • Texte : Odile Baudrier
  • Photo : D.R.