Leo Morgana, Nasredine Khatir, Florian Lespinasse, Bastien Peres, Anouar Baraka, Lucas Muller, et Clementine Chamot, aux côtés de Gilles Garcia

Leo Morgana, Nasredine Khatir, Florian Lespinasse, Bastien Peres, Anouar Baraka, Lucas Muller, et Clementine Chamot, aux côtés de Gilles Garcia

La montée en puissance du club de Montpellier et la création du Centre Régional de Formation ont permis l’émergence d’un groupe de jeunes talents coachés par Gilles Garcia, et son meilleur élément, Leo Morgana, s’est particulièrement mis en évidence cet hiver. Derrière lui, pointent aussi Nasredine Khatir, Anouar Baraka, et aussi Clementine Chamot, Manon Pareau, Lucas Muller, Florian Lespinasse, Bastien Peres.

 

Leo Morgana, 800 mètres

Sans sa sœur, Leo Morgana n’aurait peut-être jamais découvert l’athlétisme ! Ce n’est qu’à 16 ans qu’il a débuté ce sport, après avoir été interdit de foot du fait de sa brutale croissance. Ce suractif rêve de suivre sa sœur sur la piste, il faudra un peu de temps pour qu’elle accepte qu’il la rejoigne dans son groupe de copains drivé par Gilles Garcia. Le coach fera le reste, il profite d’un forfait aux interclubs pour le tester sur 800 mètres, et la suite scintille très vite, un titre de champion de France junior à 18 ans, la médaille de bronze aux Europe junior à 19 ans, le titre national espoir à 20 ans, et un dernier hiver brillant, en argent au France en salle. Les chronos parlent tout seuls, et Léo explique : « J’ai débuté à 1’55’’, et j’ai perdu 2 secondes par an. » Il pointe ainsi en 1’46’’98, et sa capacité à titiller les meilleurs Français cet hiver à Aubière laisse à espérer du très lourd pour cet été. Une médaille au Championnat d’Europe espoir, oui, il y pense, pourquoi pas d’or, mais il ajoute très vite : « Chaque chose en son temps. Il faut d’abord faire le minima, puis réussir sa série, sa demi et en finale, on envisage de belles choses. Mais il ne faut pas griller les étapes ! »

Leo a donné cet hiver une nouvelle tournure à sa carrière, et le curseur études/athlé s’est quelque peu déplacé pour sa troisième année en STAPS : « Cela a été très compliqué de concilier les deux. Je me suis investi plus dans l’athlé. Les objectifs et le travail sont plus importants. Cela prend plus de temps, et cela fatigue plus. J’ai surtout besoin de plus récupérer. Et en même temps, les cours demandent plus de travail. J’ai donné priorité aux stages et à l’entraînement. » Au bout du compte, son 2ème semestre ne sera peut-être pas validé, et il demeure dans l’attente du résultat de son CAPEPS, mais il sourit en confiant : « Je ne regrette pas mes choix. »

Nasredine Khatir, 800 mètres

L’expert Gilles Garcia en est convaincu, le potentiel de Nasredine Khatir sera énorme dans les années à venir. Le coach n’a pas mis longtemps à s’en apercevoir. Neuf mois après avoir débuté dans son groupe, il devient champion de France cadet du 800 mètres ! Pourtant c’est par un curieux concours de circonstances que l’adolescent se retrouve sous la houlette de Gilles Garcia. Il arrive de l’Aude, et veut intégrer comme interne le lycée Jean Mermoz de Montpellier. Condition exigée : qu’il intègre le Centre de formation régional. Sa conseillère d’éducation, son proviseur plaident sa cause auprès de Gilles Garcia, qui finit par l’accepter. Les premiers entraînements lui font découvrir qu’il vient de récupérer un gros talent qui s’ignorait presque, car Nasredine avoue : « J’avoue une licence à Lézignan depuis minime, mais je ne m’entraînais pas trop ! » Il stoppe même complètement au lycée pour se tourner vers le foot.
La montée en charge de l’entraînement produit d’entrée ses effets, deux ans plus tard, Nasredine se qualifie pour l’Europe junior, il pointe en 1’48’’ à 19 ans l’année dernière, et atteint la demi-finale du Mondial juniors. Pour cet été, ses espoirs se tourneront, lui aussi, vers le Championnat d’Europe espoirs, mais ce très réservé athlète demeure discret sur ses ambitions.

Florian Lespinasse, 800 mètres

On a du mal à le croire, mais c’est par une course de village que Florian Lespinasse a été détecté. L’adolescent dispute la course de Villeneuve les Maguelone, où il crée la sensation en terminant 6ème au scratch à 13 ans seulement ! Il est alors un judoka convaincu, ceinture noire, et adepte aussi du free fight, mais l’athlétisme le séduit de suite, et Gilles Garcia lui donne envie de persévérer : « J’aime son approche des sportifs. Dans le judo, les coachs sont très durs. Lui, il est aux petits soins ! »
D’entrée, les performances arrivent, il pointe en 2’39’’ sur 1000 mètres à 15 ans, puis après une saison gâchée par la blessure, il retrouve la réussite en 2013 avec le titre de Champion de France cadet sur 800 mètres, puis en junior en 2014.
Pour cette saison, l’objectif tourne évidemment autour du Championnat d’Europe junior, mais il s’agira seulement de son 2ème objectif. Le premier est celui d’obtenir son bac, il redouble sa terminale ES, et veut absolument décrocher le précieux sésame. Tout en rêvant d’accrocher aussi les 1’48’’74, minima exigé pour l’Europe. Pour sa première compétition estivale, aux interclubs, il a explosé son record d’une grosse seconde, pour descendre à 1’50’’74.

Anouar Baraka, 400 mètres

Anouar Baraka est le seul coureur de 400 mètres du groupe de Montpellier. A 22 ans, il compte 4 ans d’athlétisme derrière lui seulement. Ce joueur de foot est venu vers la piste par un drôle de hasard. Il dispute son épreuve du bac sur 500 mètres, sous les yeux d’un prof ami d’un entraîneur d’athlé qui détecte son potentiel et lui conseille de s’intéresser à l’athlé… C’est ainsi qu’il se tourne vers Gilles Garcia. Il s’attaque d’abord au 800 mètres, il accède au Championnat de France, mais déçu par son résultat, il se tourne vers le 400 mètres, il y termine 4ème du France.
Son isolement dans ce groupe demi-fond ne lui pèse pas, au contraire, il positive : « C’est bien car je m’entraîne avec les meilleurs athlètes actuels sur 800 m, et ils sont aussi très rapides sur 400 m, ils sont capables de passer en 48 et moins. C’est parfait pour moi. Je ne suis pas tout seul pour les séances de vitesse courte.»
Lui aussi étudiant en STAPS, il avoue : « C’est difficile de concilier études et entraînement. » Pour cet été, l’objectif tourne bien sûr autour du Championnat d’Europe espoirs, qu’il rêve de disputer, en individuel ou en relais, pour être du voyage avec Leo, Nasredine et Bastien Peres, ses copains d’entraînement au quotidien.

Bastien Peres, 800 mètres

Il n’est pas très loin de son Larzac natal, mais il arrive pourtant d’Albi. Bastien Peres a évolué à l’ECLA Albi durant ses années lycée, avant de décider de rejoindre Montpellier, où il apprécie les bonnes conditions d’entraînement, et les facilités d’aménagements des cours à l’IUT. Comme il l’explique : « C’est un bon compromis. Cela correspond à mes attentes. Je veux réussir dans l’athlétisme, et également mes études. » Son avenir professionnel, il le voit bien sûr dans le sport. Il espère devenir ingénieur matériaux pour intégrer un laboratoire de recherche et développement pour équipementier sportif. La boucle serait bouclée…

Lucas Muller, 800 mètres

Déjà quatre ans que Lucas Muller a quitté son Rodez natal pour rejoindre Montpellier, séduit par le projet de Gilles Garcia. Il aurait pu opter pour Bordeaux ou Toulouse, mais il a préféré le groupe montpelliérain : « C’est un avantage. On n’est jamais seul pour les séances. » Et il avoue aussi : « L’ambiance est très bonne. On est tous potes. »
A presque 19 ans, il fait partie des lycéens du groupe, le bac en ligne de mire, et également un gros rêve, se qualifier pour le championnat d’Europe junior.

Aïssa Boucheliga, 5000 mètres

C’est le tout dernier arrivant du groupe, depuis l’automne 2014, et le seul demi-fondeur long. Aïssa tente ici de se relancer après un épisode de vie difficile, le décès brutal l’année dernière de Frédéric Augagneur son entraîneur à Roanne. Par ricochet de ce drame, ce gros talent, qui avait disputé le Championnat d’Europe juniors sur 5000 m en 2013, avait connu une saison blanche, avant de se décider à rejoindre Montpellier, où il connaissait plusieurs athlètes y évoluant. La décision était la bonne, et il avoue : « J’avais un peu d’appréhension en arrivant. Mais je m’entends très bien avec Gilles. J’aime bien sa méthode d’entraînement. »
Il a aussi respecté sans rechigner la règle imposée aux athlètes par le coach, à savoir l’obligation de suivre des études en parallèle de l’entraînement. Pour lui, ce sera un Brevet d’Educateur Sportif qu’il suit au CREPS, et Gilles confie son aisance à animer des ateliers pour les scolaires. Côté sportif, l’objectif pour cette saison sera d’atteindre un chrono sous les 14’10’’, tout à fait à sa portée au vu de son record de 14’19’’80.

Clémentine Chamot, 1500 m

Elle aurait pu choisir Toulouse, Bordeaux, Aix ou Lyon, mais Clémentine Chamot a eu un coup de cœur pour Montpellier et Gilles Garcia, et est ainsi arrivée il y a deux ans ici. La jeune athlète d’Annecy s’était mise en quête d’une structure d’accueil après le départ de son entraîneur, lassée de se retrouver trop isolée. De suite, elle s’est sentie à l’aise ici, première fille du groupe, rejointe ensuite par Manon Pareau, devenue sa grande copine. Elle ne tarit pas d’éloges sur le centre, son cadre exceptionnel, ses kinés, les installations du CREPS, et des lieux d’entraînement super. Le lien privilégié tissé avec Gilles Garcia « son deuxième père », comme elle le désigné, est évidemment pour beaucoup dans cet enthousiasme, ainsi que les beaux progrès qu’elle a connus d’entrée, avec sa sélection pour le Championnat d’Europe de cross après seulement trois mois de collaboration ! Puis le titre national cadettes sur 800 mètres salle et l’été venu, sur 1500 mètres. Et à nouveau le titre juniors sur 1500 mètres l’année dernière. Pour cette saison, ce sera du côté du 3000 m steeple qu’elle se tournera, convaincu par le coach de ses possibilités sur cette spécialité, qu’il a lui-même pratiquée.
A 19 ans, avec le bac qui se profile dans quelques semaines, le timing est chargé, mais Clémentine rit en soufflant : « Ici, c’est le paradis ! » Elle s’est bâtie un cadre bien structuré, avec son appartement en face du CREPS où elle prend ses repas, et la conciliation études/athlétisme ne lui pose pas de problèmes particuliers. Elle sait bien que les études demeurent la priorité pour ses parents, et par ricochet pour Gilles Garcia, et elle confie : « Il suit toutes mes notes. Il va aux conseils de classe. Il est très à cheval sur mes résultats. Mes parents le lui ont demandé ! »

Manon Pareau, 1500 mètres

Le parcours de Manon Pareau est curieux. La jeune athlète a débuté à Fontainebleau là-même où Gilles Garcia a entraîné pendant 10 ans, et deux décades après lui, elle a mis le cap sur Montpellier pour rejoindre son groupe. Il y avait urgence. Manon Pareau attaque l’athlétisme de manière brillante, un titre de Championne de France cadettes sur 3000 m à 16 ans, un 2ème en cross à 17 ans. Et puis la belle mécanique se dérègle : « Le groupe sport études était très gros là-bas. Je ne m’entendais plus très bien avec les copines. Je me sentais oppressée. L’ambiance était pesante. Je ne rigolais plus du tout à l’entraînement ! »
Sa décision est prise, elle veut quitter Fontainebleau, elle hésite entre Farouk Madacci et Gilles Garcia, et ce sera finalement Montpellier qu’elle choisit. Deux ans plus tard, le sourire est revenu sur les lèvres de Manon, et chaque jour, l’entraînement est un plaisir : « On rigole beaucoup. On a tous la même envie. Si on a un coup de moins bien, les autres vous aident. » Elle a pu ainsi reprendre sa progression, stoppée en junior 1 où blessée, elle ne termine que 10ème au France de cross. D’entrée, elle se qualifie pour un match sur 1500 mètres indoor, retrouve un bon chrono sur la distance, et elle a pu accrocher le titre de vice-championne de France du 2000 mètres steeple l’été dernier. Le seul petit bémol provient de la conciliation avec ses études, elle se trouve en difficulté pour sa 2ème année STAPS.