Mehdi Baala s'est investi dans la politique socio-sportive du SCO Ste Marguerite à Marseille

Mehdi Baala s’est investi dans la politique socio-sportive du SCO Ste Marguerite à Marseille

Medhi Baala a décidé de s’engager auprès du SCO Ste Marguerite pour mener des actions de sensibilisation dans les quartiers Nord de Marseille qui débuteront en mars.

 
« Je me souviens encore des tournois de boxe que l’on organisait dans les cités. Ca tournait dans les quartiers. C’était des moments de liberté ». Mehdi Baala a mis ses coudes sur les cordes, a regardé les coups volés, mais il n’est pas devenu un poids walter. Il est devenu coureur.

Il avait un don. Fallait-il cependant le repérer, le détecter. Un homme était là pour cela. Aux abords des cités à fureter et à tendre la main pour indiquer la direction du stade. C’est ainsi que Jean Michel Dirringer détectera Mehdi Baala, gamin capricieux et bouillonnant, à deux doigts des conneries, dans une cité déjà en souffrance. Un groupe est même formé, Mehdi est le plus doué. L’entraîneur ne s’est pas trompé. Il y consacre patience et calme ses impatiences.

Déjà en 2005 lors d’entretiens accordés à la presse alors que l’heure de la retraite n’avait pas encore sonné, Mehdi Baala se voyait déjà comme missionnaire dans les cités. Pour montrer l’exemple, pour ouvrir d’autres chemins de liberté, autres que ceux très éphémères et sans lendemain liés au trafic et à l’argent facile.

Cette occasion lui est offerte lorsqu’il rejoint le club de Lille mais il manque certains rouages pour que ces actions de sensibilisation créent un vrai pont entre la cité, le club et le stade, ceci de façon durable. Et lorsque André Giraud, vice président de la fédération et patriarche du SCO Ste Marguerite lui propose de s’investir à ses côtés, pour tenter ce grand écart entre les quartiers Nord de Marseille, le SCO et le nouveau stade Delort, Mehdi Baala, le challenger accepte de prendre son bâton de pèlerin.

«A Marseille, il faut créer de l’écoute. Et ça, le club sait faire »

Nom de code de la mission : « On court dans ma cité ». Lieu de la mission : les 13ème et 14ème arrondissements et au sud la cité de la Cayolle où dans ce nid à embrouilles, le club de foot local travaille déjà sur cette problématique. Nom de l’ambassadeur : Mehdi Baala. Les parties prenantes : la Mairie de Marseille, le SCO et le monde scolaire.

Pour Mehdi, Marseille, c’est le foot et les problèmes. Il sait donc où il met les pieds en acceptant cette mission. Il s’agira avec les cadres techniques du SCO Ste Marguerite d’organiser des après midi de découverte où les gamins et ados pourront découvrir un sport où l’on court…sans ballon au pied. Autour des blocs de béton, ces immeubles où la mafia du shit dicte parfois ses règles, des parcours seront tracés, des gamins seront détectés. Explication de l’ambassadeur : « Il faut leur proposer de venir dans un autre monde. Car ils vivent en vase clos, ils parlent leur langue. Il n’y aura pas de discours, ça ne sera pas politique, car ça, ce n’est pas la bonne façon d’arriver dans un quartier ».

Mehdi Baala et les entraîneurs du SCO n’ont pas la prétention de dénicher en deux tours de quartier le champion de demain. C’est former des groupes qui leur importent. Pour courir certes, se rendre au stade qui sent bon le neuf, mais surtout vivre ensemble, sur d’autres valeurs. Mehdi le Marseillais se souvient : « Nous, nous étions 6 – 7 copains. On était heureux, il y avait une forte émulation. Bon, certains ont décroché. Moi-même parfois Jean Michel allait me chercher ou me ramenait à la maison. Mais avec lui, je me suis accroché. Et je lui en suis très reconnaissant ». Alors à Marseille, dans les quartier Nord, un Dirringer existe-il ? Mehdi ajoute : «A Marseille, il faut créer de l’écoute. Et ça, le club sait faire ».

> Texte et photo Gilles Bertrand