L’IAAF a réagi de manière vigoureuse face aux accusations portées par le Sunday Times et la chaîne allemande ARD, mettant en cause l’institution après la découverte d’échantillons sanguins dévoilant une utilisation de dopage.

 

DIACK

Le sensationnalisme d’un côté, la rigueur scientifique de l’autre ? Face aux accusations portées à l’encontre de l’IAAF, le Président Lamine Diack n’a pas tardé à réagir en argumentant sur la version d’une approche de sensationnalisme par le Sunday Times et la chaîne allemande, qui auraient effectué une confusion entre des tests douteux, et des tests positifs.

La bagarre devient maintenant celle des experts. Les journalistes en ont consulté deux, Robin Parisotto et Michael Ashenden, qui ont évalué que 1/3 des médaillés des épreuves d’endurance des Mondiaux et JO entre 2001 et 2012 présentaient des analyses douteuses.

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L’IAAF s’appuie, elle, sur une autre compétence, le Professeur Giuseppe d’Onofrio, un hématologiste réputé dans le domaine du passeport biologique, estimant que les analyses de ses confrères ont été effectuées en-dehors du cadre strict fixé par le WADA, provoquant selon lui un raccourci simpliste entre douteux et positif.

Dans son communiqué, l’IAAF rappelle également qu’un grand nombre des échantillons considérés comme douteux dans l’enquête britanno-allemande ont été collectés avant 2009 et la mise en place du passeport biologique. Ce qui interdit de facto de les utiliser comme preuves de dopage.

 

2 millions par an pour la lutte anti dopage

Et de rappeler de manière vigoureuse l’engagement fort de l’IAAF pour lutter contre ce fléau avec quelques chiffres : 19.000 tests sanguins conduits depuis 2001, le plus gros programme mondial, 8800 tests urinaires de l’EPO, avec 141 cas positifs à l’EPO, 11.000 échantillons sanguins destinés au passeport biologique collectés depuis 2009, suivis par l’analyse de 150 profils par les experts de l’IAAF, et 63 cas positifs constatés à partir des anomalies du passeport biologique, se concluant par 39 sanctions prononcées, et 24 en cours de procédures. Avec à la clef de ces actions, un budget de plus de 2 millions de dollars en 2014, et en 2015.

Les deux experts utilisés par l’équipe du Sunday Times se sont appuyés sur l’analyse de 800 échantillons, marqués comme « rouges » pour probablement dopés et « jaunes » pour suspicieux, en onsidérant qu’il y avait seulement 1 change sur 1000 que le résultat douteux soit naturel.

Comme l’a révélé le site Letsrun, leur comptage par pays se révèle affligeant : 415 pour la Russie, 102 pour l’Ukraine, 82 pour le Maroc, 81 pour l’Espagne, 77 pour le Kenya, 52 pour la Turquie, 42 pour la Grèce, 42 pour la Biélorussie, 32 pour la Roumanie, 32 pour les Etats-Unis, et 12 pour la Grande Bretagne.

Qui est le ou la Britannique figurant sur la liste ?

Les noms des athlètes figurant sur ces listes ont pu être consultés par les experts et par les journalistes qui ont mené les enquêtes, mais un engagement ferme a été donné au lanceur d’alerte anonyme qui a communiqué au Sunday Times les fichiers des 12.000 tests effectués par l’IAAF : celui de ne pas révéler leurs noms publiquement dans le cas où ils n’auraient jamais été contrôlés positifs depuis.

Autant dire que les pronostics sur ces noms vont bon train, en particulier en Grande Bretagne, où sept athlètes présentaient un bilan sanguin douteux, incluant un top athlète. Et comme il ne s’agirait pas de Mo Farah, les plus folles rumeurs circulent sur l’identité de cette personne demeurant encore inconnue…

 Texte : Odile Baudrier
 Photo : Gilles Bertrand