La chasse aux tricheurs est relancée. Cette fois, le CIO s’attaquera aux échantillons collectés lors des JO de Pékin, qui seront à nouveau testés. Cela devrait concerner plusieurs centaines d’échantillons !

 

Rachid Ramzi avait perdu sa médaille des JO de Pékin, après un contrôle a posteriori
Rachid Ramzi avait perdu sa médaille des JO de Pékin, après un contrôle a posteriori

Tricheurs de tous les pays, vous vous faites sans doute tout petits en croisant les doigts pour que votre tromperie ne soit pas détectée. Mais vos raisons de trembler sont réelles après l’annonce du Comité Olympique International de tester à nouveau des échantillons collectés aux JO de 2008.

Le CIO veut ainsi surfer sur la nouvelle réglementation du WADA, qui autorise maintenant les tests durant 10 ans après leur collecte au lieu de 8 ans précédemment. Les 4000 échantillons réalisés durant les JO de Pékin pourront donc vérifiés jusqu’en 2018. Et il est probable que cette faculté sera utilisée par le CIO avec l’espoir que dans les deux ans à venir, on puisse détecter encore plus de produits dopants, comme l’a expliqué à Associated Press, le docteur Richard Budgett, directeur médical du CIO.

Dans l’immédiat, Dr Budgett a précisé que plusieurs centaines de tests seront réalisés dans les mois à venir sur des athlètes susceptibles de disputer les JO de Rio. Et seront ciblés également en priorité des athlètes sujets à cautions au vu des récentes affaires de dopage au Kenya et en Russie. C’est ce que le Dr Budgett décrit comme l’utilisation du renseignement, se concentrant sur les pays où l’on sait maintenant de manière sûre que le dopage est prééminent.

Rachid Ramzi, contrôlé a posteriori après les JO 2008

Le CIO s’était déjà attaqué à de nouveaux tests sur les échantillons de Pékin, juste après les JO, à la recherche de la fameuse CERA, l’EPO de 3ème génération, et c’est ainsi que Rachid Ramzi était tombé dans les mailles du filet et perdait sa médaille d’or sur 1500 mètres.

Sur le papier, on a hâte de connaître les résultats de ces nouveaux tests pour savoir qui étaient les réels médaillés olympiques. Mais quel sera le vrai sens de la découverte du nom des tricheurs sept ans plus tard alors qu’entre temps, ils auront peut-être poursuivi leur razzia de médailles et d’argent ???

Et bien sûr, on peut légitimement se poser la question de savoir si toutes les identités de ces nouveaux positifs seront dévoilés ?  En 2013, le CIO a testé 350 échantillons des JO d’hiver de 2006, mais à ce jour, les résultats sont demeurés confidentiels pour des raisons légales. Pourtant selon Associated Press, il y aurait eu au moins 1 cas positif détecté…

Mais en matière de contrôle anti-dopage, le juriste a souvent le pouvoir sur le scientifique. Et ne parlons pas non plus des contraintes qu’on peut qualifier de politiques….

    Texte : Odile Baudrier