La décision du Tribunal Arbitral du Sport est tombée. L’appel des 67 athlètes russes contre l’interdiction de JO prononcée par l’IAAF a été refusé. Il y aura donc une seule athlète russe autorisée à disputer les JO, Darya Klishina, qui devra peut-être d’ailleurs évoluer sous maillot « neutre ». Un gros camouflet à l’adresse de la Russie, que Sebastian Coe a accueilli avec une grande satisfaction.

Serguey Shubenkov, champion du monde sur les haies à Pékin, débouté par le TAS

Serguey Shubenkov, champion du monde sur les haies à Pékin, débouté par le TAS

Sebastian Coe ne voulait pas de la Russie aux JO de Rio. Le président de l’IAAF a affiché son hostilité de manière forte en faisant le voyage jusqu’à Lausanne pour être présent à l’énoncé de la décision qui allait être prise par le Tribunal Arbitral du Sport.

Une jolie manière de mettre une pression certaine sur le TAS au moment d’instruire les demandes de 67 athlètes russes, qui contestaient la décision prise par l’IAAF de leur interdire de disputer les JO.

Elena Isinbayeva était très optimiste…

Parmi ces 67 athlètes, Elena Isinbayeva, particulièrement vindicative, qui avait été longuement entendue par le TAS ce mardi 19 juillet. La perchiste était ressortie très confiante pour la suite, pensant que l’instance serait sensible à ses arguments.

Mais le TAS n’a pas souhaité remettre en cause la ligne de conduite de l’IAAF, qui avait interdit la Fédération Russe, pour ensuite accepter d’analyser cas par cas la possibilité que les athlètes soient tout de même retenus.

Une seule athlète avait trouvé grâce aux yeux des experts de l’IAAF, la sauteuse en longueur Darya Klishin, au motif qu’elle s’entraînait à l’étranger, et que ses contrôles anti-dopage avaient ainsi été effectués hors du système russe, qu’on sait maintenant complètement corrompu.

Sergey Shubenkov conteste le nombre de contrôles subis

Sergey Shubenkov, champion du monde du 110 m haies en titre, avait rendu public le courrier de refus de 10 pages qui lui avait été transmis par l’IAAF, en pointant du doigt que le nombre de contrôles anti-dopage considéré comme valides était complètement farfelu. Il contestait que l’IAAF n’ait retenu que 4 échantillons urinaires, correspondant à des prélèvements à l’occasion de compétitions à l’étranger. Alors qu’il soulignait avoir délivré 10 autres échantillons en raison de sa présence dans le « Testing Pool » IAAF, qui avaient été également analysés dans des laboratoires hors de Russie.

Mais quel crédit accorder vraiment aux performances d’un athlète, portant l’uniforme de militaire pour la Russie, quand on lit l’ingéniosité du système mis en place pour détourner les contrôles et falsifier les échantillons ???

Les dés sont jetés maintenant pour l’équipe d’athlétisme russe. Qu’en sera-t-il pour les autres sportifs ? A 17 jours de l’ouverture des JO, le CIO s’interroge encore…

  • Texte : Odile Baudrier
  • Photo : IAAF