En quelques jours, le scandale s’est noué autour d’Abeba Aregawi. L’Ethiopienne devenue Suédoise a d’abord été accusée d’avoir obtenu sa nationalité en mentant, et en particulier de n’avoir jamais vécu en Suède. Puis est tombée l’information d’un contrôle anti-dopage subi tout récemment, qui devrait déboucher sur une suspension de huit ans.

 

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A l’été 2013, Abeba Aregawi avait fait les gros titres en Suède en remportant le titre mondial sur 1500 mètres. La jolie histoire de l’Ethiopienne devenue Suédoise après son mariage avec un Ethiopien lui-même naturalisé Suédois apparaissait comme un conte de fés, pour elle et pour son nouveau pays, la Suéde récupérant dans ses rangs un talent en demi-fond qui lui rapportera trois médailles d’or dans des Mondiaux.

Les choses avaient pourtant mal débuté avec la Suède, la demande de naturalisation d’Abeba Aregawi traînant près de trois ans. Mais son énorme chrono (3’56 »54) sur 1500 mètres à la fin mai 2012 provoque une mobilisation de la Fédération d’Athlétisme débloquant son dossier et obtenant de l’Ethiopie fin 2012 l’autorisation de l’intégrer dans l’Equipe Nationale.

Pourtant au fil du temps, cette belle histoire s’est gravement fissurée. Avec un premier bémol, il y a deux ans, il est évoqué alors un mariage blanc entre Abeba Aregawi et Henok Weldegebriel, le couple a d’ailleurs divorcé très rapidement et la jeune femme a épousé le marathonien éthiopien Yemane Tsegay, vice-champion du monde en 2015.

Les gros mensonges à l’immigration

Mais le vrai scandale explose en deux temps. D’abord le 27 février avec la révélation par le journal « SPORT-Expressen » qu’en réalité Abeba Aregawi n’aurait jamais vécu en Suède, et qu’elle aurait menti dans ses déclarations aux services suédois de l’immigration. L’affaire émerge suite à une enquête menée par les services fiscaux suédois, qui l’accusent de ne pas avoir déclaré de revenus pour les années 2011 à 2013.

La taxe à acquitter s’élevait à environ 1000 euros, mais Abeba Aregawi a préféré la contester en s’appuyant sur le fait qu’elle n’a jamais vécu en Suède, en dépit de ses déclarations de l’époque qui s’avèrent donc mensongères. Un scénario apparaissant complètement inédit aux divers acteurs de l’athlétisme suédois, à l’exception de Per Synnerman, ancien entraîneur du club Hammarby, qui avait accueilli l’Ethiopienne, et qui, lui, expliquait à « Sport-Expressen » avoir attiré l’attention des responsables du club sur ses soupçons sur la situation réelle d’Abeba.

A peine le temps de digérer cette nouvelle, provoquant un mini-séisme en Suède, que tombait l’information d’un contrôle positif à son encontre, à la suite d’un prélèvement hors compétition effectué en janvier 2016 en Ethiopie. Le produit incriminé serait le Meldonium, tout récemment mis sur la liste des interdits, il serait utilisé pour améliorer le métabolisme de l’énergie dans les cellules du cœur, et efficace pour tous les organes.

Selon les informations de la Fédération Suédoise, Abeba Aregawi a demandé l’analyse de l’échantillon B. S’il confirme le premier résultat, elle devrait supporter une sanction de 8 ans, la loi suédoise doublant la durée d’une suspension officielle. Une particularité de son pays d’adoption qu’Abeba Aregawi va regretter…

  • Texte : Odile Baudrier
  • Photo : Gilles Bertrand
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