Le mariage de Caster Semenya crée une polémique

10 décembre 2015

L’annonce du mariage de Caster Semenya avec son amie a suscité une polémique en Afrique du Sud, où les réseaux sociaux ont accueilli la nouvelle avec une certaine hostilité. Une situation qui relance une nouvelle fois la polémique autour du genre réel de Caster Semenya.

Caster Semenya et son épouse

Caster Semenya et son épouse

 

Une cérémonie très traditionnelle, c’est le choix de Caster Semenya pour son mariage avec son amie Violet Rasebova, une ancienne athlète. Le duo a respecté à la lettre les règles de leur communauté. Les parents de Caster Semenya se sont ainsi rendus dans le nord du Transvaal à Polokwane pour acquitter la dot aux parents de Violet Rasebova, négociée pour une somme de 1500 euros.

La nouvelle de ce mariage annoncée par le site « FAME SA Awards » s’est répandue en Afrique du Sud à travers les réseaux sociaux, et l’accueil a été pour le moins brutal. Avec une hostilité affichée à cette union entre deux lesbiennes, une situation décriée en Afrique du Sud où le mariage homosexuel est autorisé depuis 2006.

Mais les points de vue s’enflamment également au vu des images de cette fête dévoilant une Caster Semenya très masculine aux côtés de la ravissante Violet. Et une nouvelle fois, la polémique reprend autour du genre réel de l’athlète.

Caster Semenya, incapable de passer en finale à Pékin

L’Afrique du Sud s’était unie avec Caster Semenya pour contrer les remises en cause de sa qualité de femme l’autorisant à courir contre d’autres athlètes féminines. Depuis 2009 et son premier titre de championne du monde du 800 mètres, les faits et gestes de Caster Semenya sont suivis avec passion dans son pays, et son come back vers les plus hautes récompenses y est ainsi régulièrement annoncé.

Toutefois depuis sa médaille d’argent des JO 2012, Caster Semenya n’a plus réussi à revenir à son niveau, et sa saison 2015 s’est déroulée d’une manière étrange : elle parvenait à se qualifier pour le Mondial de Pékin, où elle passait sous les 2 minutes en séries, avant de se faire éliminer en demi-finale.

Cette année, Caster Semenya avait pourtant effectué un changement radical dans son entraînement, délaissant Maria Mutola pour Jean Verster, un entraîneur très réputé en Afrique du Sud, directeur de l’Institut des Sports de Haute Performance à l’Université North West de Potchefstroom.

Mais cette saison 2015 s’est inscrite dans la continuité des trois précédentes, Caster Semenya n’est plus capable d’enchaîner les performances comme elle avait pu le faire en 2009, l’année où elle apparaît capable de courir en 1’55’’ contre 2’04’’ l’année précédente. Ce blocage serait à imputer aux traitements hormonaux qu’elle aurait dû effectuer à la demande de l’IAAF pour soigner son hyperandrogénie et être autorisée à courir parmi les femmes.

Mais cette catégorie des athlètes « intersexe » est désormais acceptée sans aucune contrainte dans les compétitions féminines, à la suite d’une décision du Tribunal Arbitral du Sport, supprimant l’interdiction de compétition aux femmes hyperandrogynes, et leur obligation de soins pour diminuer leur androgénie. Une mesure qui pourrait avoir des conséquences majeures aux JO de Rio, en favorisant des athlètes trop masculines.

  • Texte : Odile Baudrier
  • Photo : Gilles Bertrand et FAME SA Awards

SEMENYA MARIAGE 2