La rumeur circulait depuis plusieurs mois, et l’annonce officielle est tombée du contrôle positif du Kenyan Kennedy Lagat Kipyego à l’arrivée du marathon d’Annecy qu’il avait remporté au mois d’avril, et de sa suspension pour 4 ans par la FFA. C’est de la testostérone qui a été retrouvée dans les urines du Kenyan licencié au club de l’ASPTT Annecy. Mais il semblerait qu’il ait aussi usurpé l’identité d’un autre coureur, Kennedy Kipyeko, et que les performances des deux soient mélangées sur les bases statistiques…. 

 

photo pour dopage a

 

Cela faisait plusieurs mois que la rumeur d’un contrôle positif survenu au marathon d’Annecy circulait, mais le nom du coureur tardait à apparaître. Il était quasiment acquis qu’il s’agissait d’un Kenyan, ils étaient deux aux 2 premières places, et la confirmation est tombée. C’est bien Kennedy Lagat Kipyego, le vainqueur en 2h12’, qui est déclaré positif et sanctionné de 4 ans de suspension par la FFA.

L’histoire hoquète après le cas de Mohamed Hattouchi, contrôlé à la CERA lors de l’inter de cross de la LIFA. Une nouvelle fois, l’annonce officielle de la décision disciplinaire de la FFA a tardé à être publiée, avec une décision prise le 19 juillet, qui apparaît sur le site de la FFA en date du 25 août, mais qui n’est en réalité publiée que le 5 septembre…

Mais surtout, ce cas reproduit l’histoire d’Hattouchi, avec un contrôle concernant un athlète étranger licencié dans un club français, mais dont les coordonnés enregistrées par ce club ne permettent pas de le contacter. Car comme pour Hattouchi, le Kenyan Kipyego n’a pu recevoir les courriers recommandés qui lui ont été transmis par la FFA, revenus non distribués par la poste à la FFA, avec la mention « Destinataire inconnu à l’adresse mentionnée »…

Sur les bases de la FFA, Kennedy Lagat Kipyego apparaît licencié depuis décembre 2015, mais des performances figurent aussi sur sa fiche pour les années 2011, 2014 et 2015, sans que son club ne soit mentionné pour ces périodes. Sur le site de l’ASPTT Annecy, Kipyego apparaît comme le leader chez les hommes, avec son niveau de Nationale 1, devançant tous les autres coureurs, essentiellement des trailers et coureurs de montagne. A noter que le marathon d’Annecy est organisé par Annecy Haute Savoie Athlétisme.

Quelles performances pour Kipyego ?

Le jeune Kenyan (il aurait 25 ans selon la FFA, et 24 ans selon All Athletics où il figure avec le patronyme de KipyeKo) compte quelques performances de qualité, avec un record sur semi de 1h00’39’’ (en mars 2015), sur 10 km de 29’43’’, et sur marathon, il avait établi à Annecy un chrono de 2h12’38’’.  Cet ancien pistard, qui valait 14’03’’45 sur 5000 mètres, avait couru en 2h23’ à Montpellier en 2014, et en 2h18’28’’à San Sebastien en novembre dernier.

Ces dernières années, Kipyego a accumulé les performances en Italie et en France. En fin d’année 2015, il a ainsi écumé les corridas en France (Magne, Hericourt, Bethenay). On le retrouve ce printemps à enchaîner le semi de Rome mi mars, le marathon d’Annecy le 17 avril, le semi de Nice le 24 avril, les 15 km du Puy en Velay le 1er mai, avec une seule course depuis, Marvejols Mende le 24 juillet.

Ces résultats seront-ils gommés ? Oui, pour sa victoire au marathon d’Annecy, comme le mentionne bien le PV de la Commission disciplinaire du 13 juillet. Pour le reste, rien n’est indiqué sur le PV.

Toutefois, un véritable imbroglio existe autour de la véritable identité de Kennedy Lagat Kipyego, qui semble avoir usurpé celle de Kennedy Kipyeko. Ceci provoque un méli-mélo autour des performances des deux hommes qui sont mélangées sur le site « All Athletic ». 

De la testostérone pour Kipyego

Des stéroïdes anabolisants. Ce sont les produits retrouvés dans les urines de Kipyego lors de son contrôle d’Annecy. Avec deux composants : 19 norandrostérone et 19 norétiocholanolone. Il s’agit de testostérone, un stéroïde anabolisant utilisé pour augmenter la masse musculaire et la force, très convoité par les body builders, mais également les athlètes, comme le confirme la liste des athlètes suspendus de l’IAAF, où l’on constate que Russes, Nigérians, Indiens, Sénégalais, ou Sud Africains en sont friands.

Comme les Kenyans, puisque plusieurs des compatriotes de Kipyego ont été contrôlés avec la Norandrosterone, comme Mutinda, Muthoni, ou encore Josephine Jepkorir. Un cas qui confirme que le dopage au Kenya est visiblement largement répandu, y compris sur des niveaux intermédiaires…

  • Texte : Odile Baudrier
  • Photo : D.R.