Lance Armstrong lors d’un entraînement longue distance (photo facebook Lance Armstrong)

 

Lance Armstrong, banni à vie de toutes compétitions peut il être autorisé à recourir ? L’ancien cycliste qui vient juste de remporter un trail de 35 km aux Etats Unis souhaite obtenir un allègement de sa sanction afin de pouvoir disputer des épreuves d’ultra-trail. Ce recours sera-t-il accepté ? Dans tous les cas, cela pose aux Etats Unis la question du dopage dans le trail et des moyens de combattre ce fléau alors qu’il n’existe aucun contrôle mis en place à ce jour.

 

Le retour de Lance Armstrong ??? Cette fois dans l’univers du trail et de l’ultra trail ???

Dans un entretien accordé à Movember Radio, l’ancien cycliste banni à vie de toutes compétitions sportives s’est confié en annonçant vouloir engager un recours afin de bénéficier d’une « remise de peine » pouvant être accordée lorsqu’un athlète dopé a purgé 4 années de suspension.

C’est le cas pour l’ancien vainqueur du Tour de France, destitué de ses 7 victoires sur la grande boucle. Il souhaiterait un aménagement de sa peine afin qu’il puisse disputer des évènements dans l’univers du trail running et des épreuves à obstacles (Mud Day, Spartan and co…).

Agé de 44 ans, le Texan marqué au fer rouge n’a jamais caché son faible pour la course à pied. En 2006, ne réalisait-il pas 2h 59’36’’ à New York pour porter son record personnel à 2h 46’43’’ à nouveau dans la Big Apple après avoir couru 2h 50’58’’ à Boston. Sur semi-marathon, n’est-il pas détendeur d’un record à 1h 15’  réalisé lors d’un triathlon en 2012 et on lui accorde même une victoire en trail lors de la première édition en 2012 du Steamboat Stinger Trail Marathon organisé dans le Colorado.

En juillet 2015, le magazine américain « Trail Runner » avait déjà publié un reportage complaisant, consacré à une rando-trail réalisée dans le canyon du Colorado, par Lance Armstrong le repenti, accompagné par des journalistes coureurs. En néo-runner, barbu, casquette US vissée sur le crâne, sac Ultimate sur les épaules, le grand short tombant sur les genoux, bref la panoplie du converti au trail.

Mais c’est sa participation au Woodside Ramble, un trail multicourse de 10 à 50 km qui a vraiment lancé le débat sur le retour probable du « drug cheat » Lance Armstrong dans le sport de compétition. Certes dans un cadre bien modeste pour celui qui, au sommet de sa gloire, gagnait près de 25 millions de dollars de gains annuels. En Californie, le week-end dernier, ils n’étaient que 49 coureurs au départ des 35 km, la distance choisie par ce compétiteur né. L’organisateur fut hésitant à accepter cet invité embarrassant mais au final, il ne regrettait nullement d’avoir ouvert la porte à celui qui s’imposait en 3h 00’. Sage Canaday, l’un des meilleurs spécialistes américains et marathonien de niveau national, avait également noté sur son blog la bonne forme physique de l’ancien cycliste en analysant les sorties longues de celui-ci sur le site Strava.

L’organisateur est donc le seul habilité à accepter ou interdire l’accès à sa ligne de départ sans en référer à quiconque

Lance Armstrong autorisé à courir une compétition ? La communauté du trail s’est aussitôt interrogée sur cette transgression. En réalité, aux Etats Unis, la majorité des épreuves de trail sont des compétitions privées qui ne sont affiliées à aucune fédération dont la principale l’USATF, la fédération américaine d’athlétisme dont dépendent uniquement les épreuves officielles de trail (type championnats). L’organisateur est donc le seul habilité à accepter ou interdire l’accès à sa ligne de départ sans en référer à quiconque.

Bryon Powell ancien juriste, ultra trailer et pilote du très influent site internet Irunfar, a souhaité élargir le débat au-delà du simple fait d’accepter ou non en compétition, Lance Armstrong, le maudit. Un sujet recueillant autant d’avis pour que contre. Il invitait récemment dans une longue tribune la communauté du trail et en première ligne les organisateurs  à affirmer une position tranchée sur ce fléau. Acte 1 : changer les discours et en finir avec l’image usurpée « peace and love » du trail. Acte 2 : mettre en place des contrôles en inopiné et en compétition, jusqu’alors totalement inexistants aux Etats Unis, même sur les épreuves les plus cotées et les mieux dotées comme le 50 miles de San Francisco disputé il y a peu avec 10 000 dollars de primes aux vainqueurs homme et femme.

Au final, cet épisode mérite de reposer le débat sur le dopage dans le trail. Et là est l’essentiel car cette niche vit totalement à l’abri des radars de la lutte anti dopage.

Quant  à Lance Armstrong encore « addict » aux efforts longue distance,  il cherche en filagramme une semi-réhabilitation pour disputer des épreuves d’ultra-trail de type Western States et/ou…UTMB ??? Des épreuves (ainsi que le business du trail dans son ensemble …) qui n’ont nullement besoin de la notoriété de cet homme en quête de rédemption sur les chemins du trail. Des cas de conscience se préparent en coulisse de ces compétitions.

> Texte Gilles Bertrand

> Photo Facebook Lance Armstrong

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