L’étape du Perche Elite Tour de Nevers a accueilli une belle performance de la Brésilienne Fabiana Murer, avec une marque à 4,83 mètres, record indoor d’Amérique du Sud. Elle se relance ainsi dans la perspective des JO se déroulant dans son pays. Juste au moment où Elena Isinbaeva annonce son retour pour ces Jeux !

 

Fabiana Murer, une belle performance à Nevers

Fabiana Murer, une belle performance à Nevers

En retrouvant la salle des sports de Nevers, il est probable que Vanessa Boslak a ressenti un petit soupçon de mélancolie. C’est dans ce lieu qu’il y a trois ans la perchiste avait confirmé son retour après des années tronquées par les blessures. Elle y avait réussi sa qualification pour le Championnat du Monde en salle et en mars 2012, dans la coupole d’Istanbul, elle allait conquérir la médaille d’argent, démontrant que sa combativité demeurait intacte.

Cette fois, Vanessa Boslak franchissait la porte de cette austère salle des sports pour une toute autre mission, officiant comme consultante pour l’Equipe 21.

Evidemment très attentive à la performance du maître es perche, Renaud Lavillenie capable une nouvelle fois de se hisser au-delà des 6 mètres mais concentrée également sur le sautoir féminin, où sous ses yeux, Fabiana Murer déroulait un très beau concours, pour gommer 4.83 mètres, nouveau record d’Amérique du Sud.

A 34 ans, la Brésilienne reprend sa progression, et renoue avec son niveau de l’année 2011, Championne du Monde et marquant 4.85 mètres.

Elle revient ainsi sur le devant de la scène après deux saisons plus délicates. Elle était passée à travers aux Jeux Olympiques, et avait empoché une décevante 5ème place au Mondial de Moscou, où Elena Isinbaeva ne laisse que les accessits à ses rivales pour livrer un one woman show d’anthologie.

Elena Isinbaeva annonce son retour pour les JO de Rio

La déception avait été immense pour Fabiana Murer, mise sur orbite au Mondial de Daegu qu’elle avait remporté aux côtés d’une Elena Isinbaeva à la peine. Et ulcérée d’avoir été battue par cette Brésilienne qui lui avait en quelque sorte « volé » son entraîneur, Vitaliy Petrov, le coach de Sergey Bubka. Les deux jeunes femmes avaient un temps partagé leur entraînement en Italie, jusqu’à ce qu’Elena Ysinbaeva s’échappe pour renouer avec l’entraîneur de ses débuts.

Fabiana Murer n’a jamais fait mystère que cette proximité avec Elena Ysinbaeva l’avait beaucoup inspirée : « Quand j’ai commencé à m’entraîner avec elle, j’ai vu qu’elle souffrait, qu’elle pleurait. Qu’elle est une personne normale. Alors j’ai pensé que si elle peut réussir ce qu’elle fait, moi aussi, je peux le faire ! »

En ce début 2015, à seulement 18 mois des Jeux Olympiques, Fabiana Murer confirme qu’elle compte toujours dans la discipline, pour ces Jeux se déroulant dans son pays. Elle avait à peine le temps de se réjouir et de confier au site de l’IAAF que son stade fétiche n’est autre que le stade olympique de Rio, l’Engenhao Stadium, (qu’elle adore pour y avoir remporté les Jeux Pan Américains, et également établi un record d’Amérique du Sud), qu’une dépêche de l’agence Associated Press tombait en direct de Moscou.

Pour y annoncer qu’Elena Isinbaeva planifiait son retour pour les JO de 2016. La Russe, devenue maman d’une petite fille en juin dernier, confirmait ainsi le cap fixé dès le début de sa grossesse, elle serait là à Rio pour y défendre son titre.

Une information relayée seulement 4 jours après la performance de Fabiana Murer à Nevers. Alors, simple hasard du calendrier ou marque de la volonté de la « Tsarine » russe de reprendre la main ??

La guerre des nerfs a commencé…

 Texte : Odile Baudrier

 Photo : Gilles Bertrand