Jip Vastenburg faisait figure d’ultra favorite sur le 10000 mètres des Europe Espoir grâce à son chrono de 31’35’’48 réussi ce printemps. La Néerlandaise confirme son statut avec brio.

Jip Vastenburg

Jip Vastenburg

Les bras largement écartés. Le sourire rayonnant sur le visage. Jip Vastenburg se précipite dans les bras de Johan Voogd, son entraîneur, pour une étreinte pleine d’émotion. La joie est au rendez-vous, empreinte en réalité d’un soupçon de soulagement.

Johan Voogd n’y va pas par quatre chemins pour expliquer : « Je m’attendais à quelque chose d’un peu plus combatif de sa part. » D’un regard extérieur, sa protégée a pourtant réalisé une très belle démonstration. En tête d’entrée de jeu et conservant cette position pendant 8000 mètres où la Britannique Rhona Auckland se décide à l’attaquer et la supplante jusqu’aux derniers 200 mètres où Jip Vastenburg place une accélération brutale et poursuit jusqu’à l’arrivée.

Et justement, ce scénario n’a pas du tout plu à son entraîneur : « La tactique fixée était qu’elle parte très vite et qu’elle continue sur ce rythme. Ce n’est pas son genre d’attendre 200 mètres, pour démarrer. Elle aurait dû le faire à 1000 mètres… »

Mais Jip n’a pu suivre cette stratégie : « Je ne me sentais pas très bien. Je n’étais pas assez forte pour démarrer tôt. Je me suis dit Tu es une bonne sprinteuse, attends, attends, et pars au 200 mètres. »

Ni le visage, ni l’allure de Jip Vastenburg n’ont trahi ces inquiétudes. Au contraire, tant son style ne s’est jamais désuni, les bras bien en ligne, les épaules basses, les jambes en rythme, et le visage apparaissant très serein.

Sélectionnée pour Pékin et pour les JO de Rio

Le bonheur de la victoire l’a comblée : « C’est le grand moment qu’on attend. On travaille tellement dur. » Et finalement, elle en oublie ses espérances d’avant compétition : « On espérait un gros chrono. » Le coach l’avoue, il escomptait qu’elle passe à nouveau sur les 32 minutes. Mais un problème à un pied a perturbé sa préparation dans les ultimes semaines, l’obligeant à plus de repos. A Tallin, elle atteint tout de même 32’18’’69.

A 21 ans seulement, son back ground est déjà impressionnant. Un titre de championne d’Europe junior sur 5000 m en 2013. Une 4ème place sur 10.000 m aux Europe de Zurich en 2014. Un chrono de 31’35’’48 ce printemps à Palo Alto, la plaçant au 15ème rang mondial de l’année, dans un bilan dominé par les Ethiopiennes, où ne pointent que quatre Européennes. Elle est évidemment la plus jeune !

Son chrono de Palo Alto l’a qualifiée pour le Mondial de Pékin, ainsi que pour les Jeux Olympiques de Rio. Mais son avenir plus lointain, c’est sur marathon que cette étudiante en psychologie veut le poursuivre.
> Texte : Odile Baudrier

> Photo : Gilles Bertrand

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