Dopage : Le groupe de Jama Aden sera à Rio, mais pas le coach

2 août 2016

Les athlètes du groupe de Jama Aden seront autorisés à disputer les JO de Rio, mais le coach somalien demeure confiné en Espagne, dans l’attente de la suite de l’enquête menée par la Police Espagnole. Les tests effectués sur les athlètes seraient tous négatifs et aucun lien n’a été établi entre eux, et les produits interdits découverts lors de la descente policière du 20 juin. Genzebe Dibaba et Aleyman Souleiman seront donc présents à Rio.

 

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La voie est libre pour Genzebe Dibaba, Aleyman Souleiman et tous les athlètes du groupe Jama Aden. Selon les informations du quotidien « El Pais Deportivos », l’IAAF a confirmé que tous pourraient participer aux JO de Rio. Pour deux raisons toutes simples : aucun lien n’a pu être établi entre les athlètes et les produits interdits qui ont été découverts lors de la descente policière du 20 juin, à l’hôtel Aronhia de Sabadell. Et également parce que les contrôles anti-dopage effectués ce jour-là sur une vingtaine d’athlètes du groupe sont tous revenus négatifs.

A l’opposé, Jama Aden demeure, lui, confiné en Espagne, son passeport ne lui a pas été restitué par la Justice Espagnole qui estime que les charges à son encontre sont suffisantes pour le poursuivre, ainsi que le masseur marocain, Mounir Ouadir, et l’athlète Musaeb Balla. C’est dans les chambres de ce trio que les policiers avaient découvert des seringues pré-remplies d’EPO, et six sortes d’EPO différentes. Et s’il apparaît logique de penser que ces produits étaient destinés aux athlètes du groupe, les investigations policières ne permettent pas de le démontrer. Les documents remis à l’IAAF pour analyser la situation ont donc convaincu l’instance internationale d’ouvrir la porte aux athlètes pour qu’ils honorent leur sélection olympique pour leurs différents pays.

Jama Aden nie tout en bloc

Jama Aden, lui, continue de crier à son innocence. Après une longue interview parue dans “Running Magazine” auprès de Paul Gains, un journaliste écossais, ami de longue date, auquel il a servi sa version des faits, évidemment très favorable pour lui, il a renouvelé auprès du site espagnol, « Marca », arguant que l’EPO aurait été trouvé dans la chambre du kiné, avec lequel il prétend n’avoir eu aucun lien. Selon lui, Mounir Ouadir intervenait pour l’Arabie Saoudite et pour des athlètes qu’il ne coachait et il prétend même que leurs relations se limitaient à de simples bonjours. « El Pais » souligne pourtant que Jama Aden avait réglé les chambres pour tout ce petit monde.

Concernant les observations des policiers qui l’ont vu sortir de l’hôtel le soir pour aller déposer des seringues usagées dans des poubelles, Jama Aden a trouvé un argumentaire bien huilé : il s’agissait de simples vitamines destinées à son usage personnel, car il ressentait de la fatigue depuis le Mondial en salle, et il les aurait déposées dans les poubelles autour de l’hôtel pour éviter que son fils de 14 ans avec lequel il partageait sa chambre risque de se piquer avec des seringues usagées…

Autant d’arguments face auxquels il est probable que la police espagnole a trouvé des contre-preuves de nature à convaincre le juge de Sabadell que le dossier contre Jama Aden était suffisamment solide pour refuser que son passeport lui soit rendu, lui permettant ainsi de mettre le cap sur Rio.

Il est certain qu’à Rio, les performances des athlètes de son groupe seront disséquées dans les moindres détails. Déjà, le déroulé parfait attendu pour Genzebe Dibaba à laquelle on prédisait en début d’année une double victoire olympique sur 1500 et 5000 n’est plus conforme à ces attentes…

> Texte : Odile Baudrier
> Photo : GETTY/IAAF