Les marcheurs ont le feu. A peine Yoann Diniz venait-il de battre le record du monde des 20 km que le japonais Yusuke Suzuki lui volait son bien en réalisant 1h 16’36 ».

 

Les marcheurs ont le feu aux fesses en ce début de printemps. Une année 2015 qui avait pourtant bien mal débutée par le démantèlement de l’armée russe, la fameuse école de Saransk décapitée pour dopage organisée et institutionnalisée.

Yusuke Suzuki à Moscou en 2013 (photo Gilles Bertrand)

Yusuke Suzuki à Moscou en 2013 (photo Gilles Bertrand)

 

Deux records du monde en une semaine ???? Un pour Diniz en 1h 07’02» établi la semaine passée à Arles et qui n’aura duré qu’une petite semaine. A peine le temps de savourer et d’échafauder des plans sur la comète, à peine le temps pour l’IAAF de ratifier ce record, que le Japonais  Yusuke Suzuki forçait le pas pour s’affranchir de cette barrière symbolique que constituent les 1h 17’. Cette zone noire presque mécanico-physiologique où la marche se trouve en point de rupture entre deux eaux. Une zone à risque maximal où l’interprétation du juge devient autant délicate que diplomatique.

Yoann Diniz a donc perdu son bien kidnappé par ce jeune marcheur de 27 ans. On le savait en forme, n’avait-il pas réalisé 1h 18’13 » en février à la lutte avec son compatriote Eiki Takahashi lors d’un 20 km disputé à Kobe où ce dernier l’avait emporté en 1h 18’03 ».  Dans sa ville natale de Nomi, Yusuke Suzuki réalise 1h 16’36» lors des championnats d’Asie avec des temps de passage suivants (sources IAAF) : 38’05 » aux 10 km (record national), 45’45 » aux 12 km, 53’23 » aux 14 km,  1h 01’07 » aux 16 km.

 

Certes Yusuke Suzuki ne débarque pas de nulle part, il se fait remarquer chez les cadets et les juniors en remportant un podium lors des mondiaux 2005 et 2006, mais passé chez les seniors, son palmarès est aussi mince qu’une feuille d’algue séchée. 42, 8, 36, 12, telles sont les places qu’il enregistre lors des quatre derniers grands rendez vous mondiaux que furent Berlin, Daegu, Londres et Moscou.

Ces deux records battus en une semaine relance l’intérêt pour le 20 km marche. A Pékin, la lutte s’annonce sévère, d’autant plus que les marcheurs chinois, à domicile, chercheront à se joindre dans cette bataille de chef où la qualité du style sera essentielle pour s’imposer. Yoann Diniz connait déjà ses adversaires. A Lugano, une semaine après Arles, il posait une seconde mine en 1h17’22 ».

> Texte et photos Gilles Bertrand

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