Candace Hill

Candace Hill

Championne du monde cette année sur 100 m à Cali et recordwoman du monde du 100 mètres avec 10’’98, Candace Hill vient de passer pro en signant un contrat de 10 ans avec la marque Asics. Ce qui fait d’elle la plus jeune athlète pro américaine.

 

De Grasse dans la cage Puma, Pandrini qui ouvre elle aussi la même cage, Bromell qui signe le gros chèque chez New Balance, Kaylin Withney, Alexa Efraimson et Mary Cain toutes les trois au bon vouloir de Nike, ça tire dans tous les coins dans cette chasse aux teenagers de l’athlé. Dernière à être épinglée au tableau de chasse, cette fois d’Asics, la jeune sprinteuse Candace Hill qui devient à 16 ans, l’athlète la plus jeune à devenir pro aux Etats Unis.

Jusqu’alors, le phénomène était rare car peu d’athlètes signaient un tel contrat pro avant ou pendant leur scolarité dans une université. Alysson Felix fut l’une de ces exceptions, il y a 12 ans déjà, lorsqu’elle renonce à courir en NCAA en signant un confortable contrat avec Adidas qui ne laisse pas échapper ce talent extraordinaire établissant en mai de l’année 2003 le record du monde junior du 200 m en 22’’11. Trois Olympiades plus tard, l’Américaine peut affirmer que cela fut le bon choix, avec dix titres de championne du monde et six médailles olympiques dont quatre en or.

Nul ne peut prédire l’avenir de Candace Hill même si les spécialistes du sprint ont décelé en elle un talent exceptionnel. En réalisant cette année 10 »98 sur 100 mètres, elle est devenue la sprinteuse la plus rapide au monde dans sa catégorie d’âge, une performance confirmée par ses victoires lors des Mondiaux cadets disputés à Cali en Colombie où elle s’impose sur 100 m en 11’’08 ainsi que sur 200 m en 22’’43, là encore record du monde cadet.

« Nous parions qu’elle peut devenir la sprinteuse la plus rapide du monde »

Asics a donc misé gros (sans révéler le montant de la négociation) sur l’avenir de cette « visiteuse céleste », en proposant un contrat signé pour les 10 prochaines années à celle que l’on a comparée à la comète de Halley. « Nous parions qu’elle peut devenir la sprinteuse la plus rapide du monde » soulignait Gene McCarthy, le CEO d’Asics USA à la signature du blanc seing. Un challenge périlleux lorsque l’on sait le nombre d’athlètes qui n’ont jamais confirmé au plus haut niveau mondial. Citons l’exemple le plus connu, Allan Webb, le premier étudiant américain à courir le mile indoor en moins de 4’, il n’avait que 18 ans. En 2002, Nike signe alors le plus gros contrat financier de l’histoire du demi-fond en pensant avoir trouvé le nouveau Prefontaine qu’Allan Webb ne sera jamais.

Candace Hill et son entourage, le père est technicien chez United Airlines et la mère, Lori est clinicienne dans un hôpital psy, se posent bien sûr les bonnes questions. Le financier n’est pas tout. L’entraînement de haut niveau dès l’âge de 16 ans, le stress et la pression de réussir sur les deux tableaux, études et sport, les comptes à rendre à son partenaire, Asics, comme les parents sans oublier l’entraîneur, Tony Carpenter, ce triumvirat s’est montré rassurant pour déjouer les critiques qui ont flirté à l’annonce de ce contrat. Le coach se montrant précautionneux : « Nous allons nous concentrer sur la longévité » en ajoutant : « Je suis impressionné par ses qualités naturelles » soulignait celui qui a entraîné Veronica Campbell lorsque la Jamaïcaine était étudiante aux Etats Unis.

Candace Hill a décidé de suivre une scolarité qui sera supportée par son partenaire, d’un montant estimé à 250 000 dollars US. En conséquence, elle fera l’impasse sur les compétitions NCAA, son contrat pro lui interdisant. Mais peu importe, les J.O. de Rio, l’échéance qui a précipité la signature de ce contrat, sont l’objectif majeur de celle qui en 2015 signait le huitième temps américain sur 100 mètres.  En 2004, un an après avoir rejoint le rang des pros, Allyson Felix était médaillée d’argent sur 200 mètres en 22’’18, record du monde junior. Candace Hill aura-t-elle le même destin ?

Texte : Gilles Bertrand