Pourtant décriés par les ligues luttant contre l’alcoolisme, les Beer Mile se développent aux Etats Unis et dans les pays anglo-saxons. Le graal, descendre sous les 5 minutes tout en avalant 4 bières. A ce jeu de piste, Corey Gallagher vient de battre le « record du monde » en 4’54’’4.

 

Au top départ, il faut décapsuler la bouteille et boire celle-ci dans les 10 mètres après la ligne

Au top départ, il faut décapsuler la bouteille et boire celle-ci dans les 10 mètres après la ligne

La bouteille est bleue fluo, il s’agit d’une Bud Light Premium, posée sur une petite table au bord d’une piste en tartan. Le stade est vide, deux loustics barbus filment à l’Iphone.

A quelques mètres, un gaillard en singlet bleu se prépare à rejoindre la ligne de départ. Le temps est gris. Il n’y a pas âme qui vive sur ce stade de l’Université du Manitoba. Objectif de cette surprise party entre amis : battre le record du monde du Mile Beer.

Ce record a déjà été battu par deux fois cette année, Josh Harris réussissant 4’56’’2 en buvant de la Cooper 62 puis par Lewis Kent portant la marque à 4’55’’8 en avalant de l’Amsterdam Blonde.

Corey Gallagher, l’homme qui se prépare à battre ce record du monde possède déjà une marque à 5’00’’2. Il connait donc les règles :

1 : dès le départ boire une bière sur les 10 premiers mètres

2 : accomplir la distance du mile (1609 mètres) en ayant bu à chaque tour 3 autres bières

3 : ouvrir soit même les bouteilles de 335 ml au minimum

4 : la bière choisie doit avoir une teneur en alcool  égale ou supérieure à 5°

Il existe à ce règlement bien d’autres formules, une bonne vingtaine de part le monde, dont la Beer Half Marathon soit courir un semi (21 km soit 13 miles) tout en ingérant 13 bières ou bien encore, la formule XXXL du Beer Mile, courir 100 miles et boire 100 bières. Le nom de ce délire non recommandable, le Bicentennial.

Un très sérieux site internet dédié à cette « pratique » recense ainsi 2350 courses du genre dont un très sérieux championnat du monde.

Corey Gallagher va s’acquitter parfaitement de sa tache. Concentration maximum au départ lorsqu’il s’agit de mettre la main sur le goulot pour décapsuler la bouteille, avaler le liquide, jeter la bouteille et détaler comme un voleur alors qu’un juge vérifie avec une éprouvette si la bouteille est vide.

Il va ainsi tourner ses 400 en 67’’6, 70’’6, 70’’ et 64’’9 alors qu’il lâchera 21 secondes pour avaler au total 1,3 litre de bière (environ 5 secondes par bouteille). Temps final, 4’54’’4 dont 4’33’’1 de course.

Prochain objectif pour ce canadien qui a trouvé le chemin d’une petite notoriété compte tenu de la popularité croissante de cette forme de course, par ailleurs dénoncée par les associations dénonçant les ravages liés à l’alcoolisme, les championnats du monde qui auront lieu à Austin au Texas en décembre prochain. Ca va mousser !!!

> Texte : Gilles Bertrand

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