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Les peptides, un nouveau must du dopage en ultra ?

Le trailer américain Sage Canaday s’est mué en pourfendeur du dopage, ulcéré de voir plusieurs ultra-runners américains revendiquer l’utilisation de peptides. Ces acides aminés connus pour leur utilisation par les adeptes de la musculation et maintenant donc de l’ultra figurent pourtant sur la liste des produits interdits par le Code Mondial Anti-Dopage. Ce sont également des produits en réalité non autorisés sur les humains…

Un combat courageux et dangereux. C’est celui que mène depuis quelques mois Sage Canaday. Cet athlète, âgé de 40 ans, brillant trailer, vainqueur de nombreuses compétitions il y a une dizaine d’années avant de graves problèmes de santé, encore doté d’un index UTMB à 864 et également marathonien de talent avec un record à 2h16 en 2011 (période avant révolution du carbone !) s’offusque publiquement, via ses Réseaux, de performances douteuses.

Cam Hanes, 2h39 à 58 ans avec le BPC 157

La polémique débute fin avril 2026, avec les déclarations d’un certain Cam Hanes. Ce marathonien de 58 ans vient de réussir 2h39’ et admet utiliser du BPC-157, un peptide pour aider à sa récupération. Or ce produit figure sur la liste des produits interdits. Sage Canaday n’hésite pas à informer l’USADA, l’agence anti-dopage américaine, de ce cas. Il s’insurge aussi via un tweet du 2 mai de constater que Cam Hanes figure sur la liste des participants du Cocodona 250 Ultra Marathon, en Arizona,

Les réactions hostiles ne manquent pas, avec surtout cet argument que vu son âge, un quelconque dopage de Cam Hanes est sans importance, et les critiques volent contre Sage Canaday pour le signalement effectué. Ce sont même des menaces de mort que le marathonien reçoit, comme ce tweet qui souhaite sa chute d’une falaise !

Mike McKnight, un runner et entraîneur utilisateur du BPC 157

L’affaire ne fait en réalité que débuter, puisque quelques semaines plus tard, un autre ultrarunner affiche également son recours au BPC-157. Mike McKnight soutient l’avoir utilisé pour éviter une opération du dos, suite à une hernie résistant à tous les traitements. Mais Mike McKnight n’a que 36 ans et affiche un joli palmarès en ultra, avec en particulier la victoire à la Cocodona 2023, officiellement avant qu’il ait recours à la peptide, et tout récemment la victoire à L’Arizona Monster 300. L’indignation monte aussi d’un cran à considérer que Mike McKnight est également entraîneur dans l’Utah.

Le BPC 157, le Wolverine Shot

Jusqu’alors, c’est plutôt du côté des adeptes de la musculation et culturistes que le BPC-157 était connu. Une simple recherche Google et les marchands se bousculent au portillon pour proposer leurs gélules miracle : Amazon, iHerb, Fruugo, Joom, il n’y a que l’embarras du choix, avec bien mis en évidence les impacts positifs : croissance musculaire, réparation, santé digestive, santé globale. L’INSERM nous apprend qu’on le surnomme même le « Wolverine Shot », en référence au héros des X Men doté d’un pouvoir de régénération.

Et pourtant, le BPC-157, comme les autres peptides, n’est pas approuvé pour un usage humain ! C’est seulement sur des animaux qu’il a démontré ces effets positifs de régénération, sur les muscles et tendons. Les essais cliniques manquent pour valider chez l’homme. « L’Endocrine Society » insiste sur les risques à long terme, sur le plan cellulaire, l’augmentation de la glycémie, les risque de diabète, de douleurs articulaires chroniques, de cancer, et aussi des changements durables dans la forme des os. Les sites vendeurs de la version injectable ont même l’arrogance d’afficher la mention « Non destiné à la consommation humaine » ou de vendre le produit en demandant à l’acheteur de s’engager à l’utilisation à des fins scientifiques…

Le BPC 157 est interdit par l’antidopage

Pour les sportifs, les choses sont claires : le BPC-157 et les autres peptides sont interdites par l’Agence Mondiale Anti-dopage. Les culturistes n’en ont cure, mais les donnes ne sont pas les mêmes pour des spécialistes de l’ultra, soumis aux règles anti-dopage. Mais visiblement le respect de ces règles n’est pas la priorité pour certains ultra runners, avides de bénéficier de l’effet régénérant pour encaisser les efforts extrêmes. Et peu soucieux des conséquences futures…

  • Analyse : Odile Baudrier
  • Photo : D.R.