Le Conseil d’Etat a annulé la suspension de quatre ans pour dopage de Sabrina Caron, une spécialiste de cross fit, contrôlée positive aux anabolisants en juin 2019. Ceci pour des raisons de formalisme juridique. Mais Sabrina Caron estime, elle, avoir été déclarée innocente !

« Mon innocence a été prouvée. » Sabrina Caron n’y va pas par quatre chemins. Et la spécialiste de cross fit ajoute même qu’elle recevra des « dommages et intérêts » de l’Agence Française de Lutte contre le Dopage, pour compenser le « préjudice subi ».

La méthode n’est pas nouvelle chez les athlètes mis en cause pour des faits de dopage, qui deviennent vite habitués aux approximations, petits et gros mensonges pour leur défense…

Car Sabrina Caron n’a nullement été déclarée « innocente ». C’est à la suite d’une grossière erreur juridique de l’AFLD que sa sanction de quatre ans a été annulée par le Conseil d’Etat, comme le révèle l’arrêt du 6 octobre 2021 publié sur le site de l’instance.

L’affaire débute en juin 2019. Sabrina Caron dispute les French Throwdown, une compétition importante de cross fit. Son échantillon dévoile la présence de LGD-4033 diOH, métabolite du ligandrol. En clair des agents anabolisants, bien utiles dans ce sport de force.

Début novembre 2020, la Commission des Sanctions de l’AFLD se réunit pour statuer sur le cas de Sabrina Caron. La séance se tient par visio-conférence, essentiellement en raison du contexte sanitaire de l’époque.

Et c’est cette visio-conférence qui fournira au cabinet Rousseau et Tapie, les avocats de Sabrina Caron, un excellent argument à présenter pour obtenir l’annulation de la sanction. Le Conseil d’Etat reprend à son compte l’idée que la sportive a ainsi été privée de la possibilité d’être « entendue en personne et de présenter ses observations devant la commission des sanctions ».

Une erreur juridique qui pèse très lourd, et gomme ainsi ce contrôle positif. Provisoirement ? C’est en tout cas ce qu’espère l’AFLD, comme l’a dévoilé Julien Marival, son responsable communication au site « Morning Chalk Up », qui annonce que la Commission des Sanctions se réunira prochainement pour envisager une nouvelle action.

Ce site spécialisé dans l’info sur le cross fit avait fait le relais du post Instagram rédigé par Sabrina Caron pour annoncer son « innocence ». Et le journaliste Justin Lofranco avait aussi souligné qu’en réalité, même après son contrôle positif, Sabrina Caron avait continué à disputer des compétitions de cross fit, devenant Championne de France en octobre 2020, et se qualifiant pour les 2020 Games. Tout simplement parce que l’information de ce contrôle n’avait jamais circulé au grand jour, jusqu’à ce que « Morning Chalk Up » le révèle.

Mais en final, l’équation manque de transparence + approximation juridique = relaxe !

  • Texte : Odile Baudrier
  • Photo : Sabrina Caron