La nandrolone, dopant préféré des Kenyans. Y compris en France. Illustration avec Nicholas Cheruiyot Chumba. Un contrôle positif remontant à avril 2019, mais apparu au grand jour tout récemment. Avant son contrôle, ce jeune Kenyan de 28 ans avait disputé plusieurs grosses épreuves à travers la France, et il venait juste de se licencier à Roanne. Son histoire rappelle celle de Eliud Ngetich, également positif à la nandrolone, mais aux Etats-Unis.

« La nandrolone est un produit inconnu pour nous ». La déclaration est de Shelby Houlliban et de Jerry Schumacher, son entraîneur.

« La nandrolone ne sert à rien pour les athlètes d’endurance ». Celle-ci émane de Jonathan Gault, journaliste vedette du site Let’s Run.

Deux inepties débitées pour défendre Shelby Houliban, soi-disant accusée à tort d’un contrôle positif à la nandrolone, qu’elle soutient avoir absorbé à son insu via un burrito de porc.

Mais quelques semaines plus tard, le cas de Eliud Ngetich allait sérieusement égratigner ces arguments douteux. Ce jeune Kenyan, vivant aux Etats-Unis depuis l’âge de 16 ans, se retrouvait, lui aussi, positif à la nandrolone.

Car les faits le démontrent : la nandrolone est un dopant très apprécié des spécialistes de l’endurance, demi-fond long et marathoniens, à travers le monde. Et les Kenyans en sont de vrais adeptes. Ainsi entre 2004 et 2018, 36% des cas positifs du Kenya provenaient de la nandrolone, soit environ 130 coureurs.

L’actualité anti-dopage française le rappelle avec la publication sur le site de l’AFLD de la sanction prononcée contre Nicholas Cheruiyot Chumba, contrôlé positif à la nandrolone en avril 2019.

C’est malheureusement plus de deux ans après les faits que cette histoire émerge.  Et elle apparaît alors que ce jeune athlète de 28 ans a disparu des compétitions depuis cette date. Avec une dernière compétition, sur le 10 km de Roanne, le 7 avril 2019.

Trois jours plus tard, il allait être l’objet d’un contrôle durant une garde à vue. Les circonstances exactes ne sont pas encore connues. Mais l’échantillon prélevé à l’occasion parlait sans appel pour dévoiler l’utilisation de ce stéroïde anabolisant, si efficace pour encaisser les charges de travail.

Nicholas Cheruiyot Chumba venait alors d’écumer pendant quelques mois quelques classiques françaises. Avec une première apparition au Marathon de Metz d’octobre 2018 qu’il remportait en 2h24’. Puis un retour en février 2019, il enchaînait à nouveau les victoires, aux 10 km de Morcourt, semi-marathon de Bourg en Bresse, et d’Orvault, et une 4ème place à Nuaillé.

C’est juste après ce semi-marathon que sa licence au club du CA Roanne allait être enregistrée, et il évoluait sous leurs couleurs pour le 10 km organisé par son club, qu’il ne terminait qu’en 8ème position, mais avec un nouveau record de 29’36’’.

Une performance qui, à ce jour, demeure sa dernière. Nicholas Cheruiyot Chumba n’a visiblement pas attendu la notification officielle de son contrôle positif, pour stopper sa carrière, et repartir vers le Kenya. Fort heureusement puisque ce n’est qu’en janvier 2020 que l’AFLD lui notifiait sa suspension provisoire. Et la commission des sanctions de l’AFLD n’allait prononcer sa suspension de 4 ans qu’en ce mois de mars 2021.

Certes, on est très loin des 7 ans qu’il a fallu à l’USADA pour dévoiler le cas d’Eliud Ngetich, qui a continué, lui, à écumer les courses américaines, avec 61 compétitions disputées après son contrôle positif…  

  • Texte : Odile Baudrier
  • Photo : D.R.