Hassan Chahdi, bientôt marathonien ?

12 décembre 2015

Hassan Chahdi a été contraint de déclarer forfait pour le Championnat d’Europe de cross, victime d’un virus. Une grande déception pour le champion de France de cross en titre, qui s’était préparé au Kenya pour ce rendez-vous, mais surtout pour son premier marathon programmé pour janvier à Dubaï.

Hassan Chahdi

Hassan Chahdi

 

Forfait à seulement 5 jours du championnat d’Europe de cross ! Un vrai coup dur pour Hassan Chahdi, qui aurait disputé à Hyères son 9ème Europe, où il a brillé dans toutes les catégories. Mais la vive douleur ressentie au ventre et qui lui a fait craindre une appendicite l’a propulsé aux urgences de l’hôpital, où a été diagnostiqué un problème hépatique. A charge pour les examens complémentaires en cours de déterminer s’il s’agit d’une mononucléose. Une pathologie dont il pense avoir déjà souffert en 2009, car il avoue ne plus s’en rappeler avec précision…

Ce serait alors un coup dur pour lui, contraint de décliner sa sélection en Equipe de France, mais aussi à moyen terme. Car durant son stage de novembre au Kenya, Hassan Chahdi s’est préparé pour ce cross, mais surtout pour son premier marathon, qu’il a programmé en janvier prochain à Dubaï.

Objectif : 2h09′-2h10′

Avec quel objectif ? Il l’annonce sans ciller : 2h09’-2h10’. Un chrono qu’il avait fixé en accord avec Jean Claude Vollmer, son entraîneur, à partir de son résultat du printemps 2015 sur le semi de Paris (1h01’42), et il explicite : « Ce n’est pas seulement le chrono. C’est la manière dont je l’ai réalisé, avec les enchaînements que j’ai pu réussir, et sans être préparé à courir aussi longtemps. Je me sentais très bien après la course, j’ai vu que cet effort me convenait. »

Le projet marathon naissait ce jour-là, et aurait dû aboutir à l’automne dernier, à Francfort, mais un problème aux ischios retardait sa reprise, et il repoussait ses débuts sur la distance, en se fixant Dubaï au mois de janvier : « C’est une bonne date pour avoir un premier contact avec la distance. Si je loupe, cela laisse une 2ème chance au printemps. » Avec bien sûr en ligne de mire le minima olympique fixé par la FFA à 2h11’.

Mais pour cette nouvelle expérience, Hassan veut garder la tête froide : « Si je ne fais pas le minima olympique, ce n’est pas grave. Je pense qu’on peut mettre du temps à être performant sur marathon. Il faut compter 3-4 ans. » Avec comme référence, le parcours d’Haïle Gebrselassie, qui n’a pas brillé d’entrée sur les 42 km. Et Hassan souligne : « Je me mets plutôt un objectif à long terme. »

Un entraînement marathon au Kenya

A seulement 26 ans, il affiche un certain flegme pour aborder l’avenir. Et il conserve le même état d’esprit pour commencer les péripéties autour de sa sélection pour le Championnat d’Europe, qu’il n’avait pu conquérir sur le cross de Gujan Mestras, suite à un voyage de retour du Kenya, trop long et épuisant, qui l’avait liquéfié.

Il tient à expliquer : « Je n’ai pas trop fait attention à ces polémiques. Pour moi, soit on me prend, et tant mieux, c’était bien sûr un grand plaisir de courir en France ! Soit on ne me prend pas, et je continuais sur ma préparation marathon. » Et même s’il admet qu’il préférait courir avec de disputer l’Europe, il avoue à demi-mots, un petit regret, de n’avoir pas bénéficié d’un geste de la Fédération, pour bénéficier d’un passe droit, qu’on aurait pu attendre pour le Champion de France de cross en titre et vice-champion d’Europe de cross 2013…

Un come-back d’altitude mal géré, et toute la machine se déréglait alors qu’il avait effectué un très beau stage de 23 jours à Iten, où il a affolé les compteurs, avec environ 170 à 180 kilomètres par semaine, selon le programme défini par son coach Jean Claude Vollmer. Ainsi Hassan a-t-il expédié une sortie de 1h45 sur un parcours assez plat, pour un total d’environ 35 km, toujours tout seul, à son rythme. Et ce solitaire s’est ainsi préparé pour son premier marathon, dans une telle discrétion, que Philippe Rémond, le patron du marathon français, n’en était même pas informé…

  • Texte : Odile Baudrier
  • Photo : Gilles Bertrand