Le triple sauteur Yoann l'un des leaders du club

Le triple sauteur Yoann Rapinier l’un des leaders du club

Même si l’Entente Franconville Cesame Val d’Oise compte dans ses rangs des athlètes internationaux dont les performances rejaillissent sur la vie du club, les Interclubs restent avant tout l’évènement qui fédère et soude une équipe. Dimanche, ce club francilien repart à la bataille pour conquérir un nouveau titre.

 
L’Entente Franconville Cesame Val d’Oise compte deux vices présidents. Dominique Dufour est l’un des deux. Un homme discret, un homme de l’ombre, en charge du secteur sportif. Jeune retraité affairé à la bonne marche d’un club regroupant 1100 athlètes répartis sur dix communes. Cet ancien conseiller pédagogique qui a fini sa carrière comme directeur à Sarcelles était donc apte à diriger des équipes. Les Interclubs, c’est son affaire, les yeux rivés sur le tableur et la main sur le téléphone qui ne cesse de sonner comme dans un cabinet médical.
Car il joue gros, comme tous les clubs d’athlétisme, comme tous les présidents de club, pour défendre leur bout de gras auprès des élus lorsque vient le temps des subventions à attribuer sur le plan local et départemental et tenant compte du résultat aux Interclubs.

Deux fois second et trois fois vainqueur ces cinq dernières années, les Interclubs sont l’objectif N° 1 de l’EFCVO, un club que Dominique Dufour définit comme « Une matière vivante ». Un club formateur qui a vu s’envoler Mickael Hanany ou bien encore le triple sauteur Yoann Rapinier. Il s’agit d’un club recruteur qui sans faire dans la démesure, comble ses lacunes, Véronique Mang un certain temps, Gabriella Kouassi qui sera de nouveau en lice pour ce premier tour, inscrite à la hauteur et au javelot sans oublier David Alerte toujours en embuscade pour rendre service là où personne ne l’attend.

Le perchiste Kevin Menaldo

Le perchiste Kevin Menaldo

Les Interclubs soudent une équipe et cimentent un club. Une compétition qui semble hors du temps en marge de l’athlétisme business mais dont les valeurs fondatrices sont défendues bec et ongle par les clubs. Dominique Dufour nous explique la stratégie de ce club francilien qui espère bien garder sa couronne de 1er club français.

. Pour vous, quelle est la règle de base pour gagner les Interclubs ?

Il faut être homogène, c’est ce qui paie pour aller chercher le titre. Il faut zéro faiblesse. Par ailleurs, il ne faut pas calculer les faiblesses des autres. Je le dis souvent : « rendez vous au tas de sable » sans savoir qui va faire quoi. Car de toute façon, les autres clubs ont les mêmes problèmes que nous pour former la meilleure équipe qui soit.

. Comment situez-vous l’EFCVO, comme club formateur, ou bien comme club recruteur ?

Nous avons deux axes. Le premier c’est la formation pour faire émerger des jeunes, des athlètes qui ont un potentiel, mais attention, sans négliger les autres. Rose Sharon Pierre Louis nous l’avons eue au berceau, Yoann Rapinier, il est arrivé benjamin. Pour ces Interclubs, Pierre Challus, Gautier Dautremer, Loic Naprix, Gaël Rotardier , Guy Elphege Anouman ont été formés au club.
Et puis comme nous sommes un territoire, nous ne pouvons pas prétendre être complets en tout. Nous procédons alors à des recrutements, surtout des jeunes qui vont se former au club et qui seront fiers de porter les couleurs de celui-ci comme le perchiste Kevin Menaldo ou le jeune cadet, Yanni Khelaf, coureur de 1500, second au France de cross et qui nous a offerts un sacré sprint, seulement départagé au millième.

. A quelques jours du premier tour des Interclubs, comment abordez-vous cette compétition ?

Je ne serai détendu que lorsque l’on sera sur le terrain. Pour l’instant, toutes les vingt minutes, le téléphone sonne. Untel est incertain, untel est blessé. Par exemple, Mickael Hanany qui a sauté 2,25 m en Guadeloupe ce week end sera absent. Habiba Ghribi sera également absente. De plus, nous sommes engagés en Elite et en N2 avec au total 160 athlètes sur le terrain. Il faut donc gérer les blessés, tenir compte de la fragilité de certains qui reviennent de stage avec une petite blessure. Il faut donc rester prudent et ne pas compromettre leur saison. Il faut également préserver certains pour qu’ils soient présents pour le second tour. Nous devons également tenir des demi-fondeurs qui aiment bien aborder ce premier tour sur une distance plus courte.

. Pouvez-vous décrire dans quel état d’esprit vos athlètes abordent une telle compétition en ce début de saison ?

Le cadet Yani Khelaf révélé cet hiver en UNSS et au France de cross

Le cadet Yani Khelaf révélé cet hiver en UNSS et au France de cross

Je suis fasciné de voir les athlètes faire bloc. Tout le monde se sent concerné. Il existe une vraie force collective, un enthousiasme. Ils ont vraiment le couteau entre les dents. Et lorsqu’ils montent dans le bus pour rejoindre le stade, je vous assure, on voit les visages se fermer, ils ont le masque de la concentration. Ils ont envie de gagner ensemble. On a une vraie culture du résultat. C’est l’objectif N°1 de la saison pour le club dans son intégralité. C’est essentiel pour permettre aux élus de nous comparer avec les autres sports dans leurs grilles d’attribution des subventions.

. Dans le paysage d’un athlétisme moderne, quel jugement portez vous sur les Interclubs ?

La FFA a mené un groupe de réflexion pour moderniser les Interclubs. Nous étions une trentaine de présidents de club. Pour l’instant, nous attendons les conclusions. Cela devrait déboucher sur une nouvelle mouture en 2016. Mais dans ces réunions, une idée directrice sortait, les clubs tiennent aux Interclubs. C’est vital pour la formation, pour que chaque famille de l’athlétisme reste ensemble, pour éviter l’éparpillement et que chacun parte dans son coin avec son poulain.
C’est vital pour les jeunes. Imaginez un jeune sprinter en finale aux côtés de Christophe Lemaitre. C’est une grande fierté pour lui, il fera tout pour ne pas rater sa course. Il va aussi mesurer le fossé qui le sépare du très haut niveau, du travail qui lui reste à faire.

> Texte et photos Gilles Bertrand

* Marie Lions est l’autre vice président chargée de l’administratif et des finances.

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